Pages

samedi 3 février 2018

Le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens nominé pour le Prix Nobel de la Paix 2018





















Bjørnar Moxnes, membre du parlement norvégien


OSLO, Norvège, 2 février 2018

En tant que membre du Parlement de Norvège, j’use fièrement de mon autorité d’élu officiel pour nominer le mouvement de Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) pour les droits des Palestiniens au Prix Nobel de la Paix.

Nominer le mouvement BDS à cette reconnaissance est parfaitement en accord avec les principes que moi-même et mon parti avons très à cœur. Comme le mouvement BDS, nous sommes pleinement engagés à faire cesser une politique raciste et de droite qui se développe beaucoup trop dans notre monde, et à garantir la liberté et l’égalité pour tous.

Inspiré par le mouvement anti-apartheid sud-africain et par le mouvement pour les droits civiques américain, le mouvement de base dirigé par les Palestiniens est un mouvement de défense des droits humains, pacifique, mondial qui exhorte au recours au boycott économique et culturel pour mettre fin à la violation par Israël des droits humains des Palestiniens et du droit international.

Le mouvement BDS cherche à mettre fin à un demi-siècle de régime militaire israélien sur 4,5 millions de Palestiniens, incluant les dix ans du siège dévastateur  qui exerce une punition collective et étouffe près de 2 millions de Palestiniens à Gaza, l’expulsion de Palestiniens de leurs maisons et le vol de terres palestiniennes via la construction de colonies illégales en Cisjordanie occupée.

Ce mouvement tend vers des droits égaux pour les citoyens palestiniens d’Israël, actuellement discriminés par des dizaines de lois racistes, et vers la garantie du droit internationalement reconnu des réfugiés au retour dans leurs maisons et sur leurs terres dont ils ont été expulsés.

Les réfugiés palestiniens constituent près de 50% de tous les Palestiniens et leur  droit au retour leur est refusé, simplement à cause de leur appartenance ethnique, alors que le droit le garantit à tous les réfugiés.

Les buts et aspirations du mouvement BDS pour les droits humains fondamentaux sont irréprochables. Ils devraient être soutenus sans réserve par tous les gens et États tenants de la démocratie.

La communauté internationale a une longue histoire de soutien à des actions pacifiques telles  que le boycott et le désinvestissement contre des entreprises qui tirent profit des violations des droits humains. Le soutien international à de telles actions a été crucial dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud et contre le régime colonial raciste de l’ex Rhodésie.

Si la communauté internationale s’engage à soutenir BDS pour mettre fin à l’occupation du territoire palestinien et à l’oppression du peuple palestinien, un espoir nouveau verra le jour pour une paix juste pour les Palestiniens, les Israélienset tous les habitants du Moyen Orient.

Le mouvement BDS a été endossé par des personnalités en vue, dont les anciens lauréats du Prix Nobel de la Paix, Desmond Tutu et Mairead Maguire. Il reçoit le soutien de syndicats, d’associations universitaires, d’églises et de mouvements de base pour les droits des réfugiés, des immigrants, des travailleurs, des femmes, des peuples indigènes et de la communauté LGBTQI. Il est de plus en plus adopté par des groupes juifs progressistes et des mouvements antiracistes dans le monde entier.

Après que 11 ans se soient écoulés depuis le lancement de BDS, il est grand temps pour nous de nous engager à ne pas causer de préjudices et pour tous les États à cesser leur complicité avec l’occupation militaire israélienne, avec l’apartheid raciste, le vol permanent de la terre palestinienne et d’autres violations flagrantes des droits humains.

Décerner le Prix Nobel de la Paix au mouvement BDS serait un signe puissant montrant que la communauté internationale est engagée à soutenir une paix juste au Moyen Orient et à utiliser des moyens pacifiques pour mettre fin au régime militaire et, plus largement, aux violations du droit international.

J’ai l’espoir que cette nomination puisse être un pas modeste mais nécessaire pour produire un avenir plus digne et plus beau pour tous les peuples de la région.



dimanche 14 janvier 2018

The age of fire and fury


L’ex-ministre Dominique Bussereau : "les propos tenus par certains porte-parole des Républicains pourraient être ceux du FN"

Dominique Bussereau, ancien ministre, proche de Jean-Pierre Raffarin et d’Alain Juppé, ne renouvellera pas sa carte d’adhérent chez Les Républicains.


"J’ai décidé de prendre de la distance avec la politique partisane." Dominique Bussereau ancien membre du gouvernement sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy annonce au JDD qu'il se met en congé des Républicains en ne renouvelant pas sa carte d'adhérent. Proche d'Alain Juppé et de Jean-Pierre Raffarin, il se distingue de la ligne de Laurent Wauquiez qui a pris la tête du parti début décembre. L'ancien député de la Charente-Maritime dénonce "les propos tenus par certains porte-parole des Républicains" qui "pourraient être ceux du FN". Il expose aussi ses divergences sur l'Europe avec la nouvelle direction du parti.

"J'ai décidé de prendre de la distance avec la politique partisane. Après le séisme de 2017, les partis continuent à faire comme si rien ne s'était passé. Je ne veux pas continuer à jouer la même partition dans l'orchestre du Titanic alors que le naufrage a déjà eu lieu. Je préfère me consacrer à d'autres combats, dans mon département de la Charente-Maritime et en tant que président de l'Assemblée des départements de France.

S'agissant de ma famille politique, nous avions avec Alain Juppé défini nos lignes rouges : aucune porosité avec le Front national, une distanciation avec Sens commun et les idéologies ultraconservatrices, et l'attachement profond, militant, à la construction européenne. Aujourd'hui, je ne peux que constater que les propos tenus par certains porte-parole des Républicains pourraient être ceux du FN. Il y a des cousinages qui me déplaisent. Concernant Sens commun, mes inquiétudes se confirment. L'UMP, c'était la CDU allemande : un mouvement rassemblant les différentes sensibilités de la droite et du centre. Les Républicains sont devenus la CSU, sa branche conservatrice et droitière.

Je ne rejoins aucun parti

Et je ne vois plus d'amour de l'Europe. En revanche, j'entends chez certains, comme Guillaume Peltier, des appels au nationalisme et à se refermer sur nous-mêmes. Mon grand-père a fait Verdun ; mon père était prisonnier en Allemagne. Je me suis engagé pour la construction européenne et j'ai le sentiment que la rupture est déjà faite à LR : il n'y a plus de volonté d'être ardemment européen.

J'ai pris ma décision. Ce n'est pas la même que Xavier Bertrand parce que je fais partie des fondateurs de l'UMP – elle s'appelait l'Union en mouvement (UEM) à l'époque, en 2001. Quand on a construit la maison commune, on n'a pas envie de la déconstruire. Je ne rejoins donc aucun autre parti : ni La ­République en marche ni Agir. Mais je me mets dès ce dimanche en congé des Républicains. Ce congé sera long. Je verrai au ­moment de la campagne des élections européennes, en fonction du choix de ses candidats et des idées qu'ils porteront, si je peux encore voter pour ma famille politique. Sinon, je passerai de la mise en congé au départ définitif.

D'ici là, je ne renouvellerai pas ma carte d'adhérent. Je ne participerai à aucune instance, ni locale ni nationale. Je continuerai à travailler, avec Valérie Pécresse et Libres !, avec Christian Estrosi et la France audacieuse, avec mes amis LR ou UDI, et au sein de l'ADF. Je participerai au débat, mais pas dans le cadre des Républicains. J'en ai parlé avec Jean-Pierre Raffarin. J'appellerai dès aujourd'hui Alain Juppé et Laurent Wauquiez pour les informer de ma décision."


jeudi 14 décembre 2017

Transparency International publie un guide pratique destiné aux lanceurs d'alerte

La section française de Transparency International publie, ce jeudi, un guide pratique destiné à informer les lanceurs d'alerte sur leurs droits et devoirs, notamment depuis l'adoption de la loi dite Sapin II, en décembre 2016.


La section française de Transparency International publie, ce jeudi, un guide pratique destiné à informer les lanceurs d'alerte sur leurs droits et devoirs, notamment depuis l'adoption de la loi dite Sapin II, en décembre 2016.

Edward Snowden, Erin Brokovich, Irène Frachon, Chelsea Manning ou encore Antoine Deltour et Raphaël Halet. Tous ces personnages ont un point commun: ils sont des lanceurs d'alerte. Des écoutes de la NSA à l'affaire du Médiator ou LuxLeaks en passant par les Pentagon Papers, ces hommes et ces femmes ont parfois risqué leur vie pour révéler à l'opinion publique des dysfonctionnements ou des affaires de corruption. Mais ils ne sont pas les seuls. D'autres, dans l'ombre médiatique, ont également alerté sur des situations anormales, amorales, voire illégales au péril de leur carrière, de leur famille, voire de leur vie. Certains, témoins de ces errements, songent à franchir le Rubicon et à devenir des lanceurs d'alerte mais s'interrogent sur les conséquences.


C'est pour toutes ces personnes, notamment en France, que l'organisation non gouvernementale internationale (ONGI) Transparency International publie, ce jeudi, un «guide pratique à l'usage des lanceurs d'alerte». Selon Transparency International, le lanceur d'alerte est «une personne qui signale un fait illégal, illicite et dangereux, touchant à l'intérêt général, aux personnes ou aux instances ayant le pouvoir d'y mettre fin». Une définition largement reprise par le Conseil de l'Europe dans une recommandation de 2014.

«L'objectif est de permettre à tous les citoyens de se saisir de leurs droits car ils ne les connaissent pas», explique au Figaro Nicole-Marie Meyer, responsable alerte éthique pour l'ONGI en France et lanceuse d'alerte qui a rédigé ce document. Car la loi a changé récemment en France. Il y a un an, les parlementaires ont adopté avec la loi dite Sapin II, «un des systèmes de protection les plus avancés en Europe», selon Nicole-Marie Meyer. Seulement, cette protection nouvelle est la plupart du temps méconnue des citoyens.

Informer sur «le chemin à suivre»
«Un citoyen ou salarié mal informé de ses droits et obligations peut commettre des erreurs irréparables en lançant l'alerte et perdre la protection garantie par la loi. N'ayant pas les bons réflexes, ils s'exposent à des risques majeurs (licenciement, poursuites pour diffamation ou dénonciation calomnieuse) ou encore se taisent par peur des représailles», analyse l'auteure de ce guide. Pour cela, Transparency International entend informer les Français sur leurs droits et sur les démarches à suivre pour lancer une «alerte responsable», autrement dit qui servira à l'intérêt général et qui ne va pas mettre en danger le lanceur d'alerte.

«La loi Sapin II ne défend pas le droit de dire n'importe quoi, mais celui de dire la vérité avec un faisceau de preuves tangibles»
Nicole-Marie Meyer, Transparency International

Concrètement, le guide permet de «tracer un chemin» à suivre pour les personnes qui voudraient faire un signalement dans l'intérêt général. «La loi Sapin II ne défend pas le droit de dire n'importe quoi, mais celui de dire la vérité avec un faisceau de preuves tangibles», se défend Nicole-Marie Meyer. Selon elle, le lanceur d'alerte se caractérise par une volonté d'alerter l'intérêt général sur un dysfonctionnement ans aucune contrepartie. À l'inverse, le délateur dénonce une personne pour des intérêts égoïstes et privés. «Le lanceur d'alerte est du côté du courage, quand le délateur est du côté de la lâcheté», résume la responsable de Transparency International, qui précise que chacun d'entre nous peut devenir, un jour, un lanceur d'alerte.


Par exemple, comme l'explique le guide, dans le cadre d'une alerte effectuée par un salarié dans le cadre du travail - ce qui représenterait 80 à 90% des cas -, elle doit d'abord avoir lieu en interne, au sein de l'entreprise. Si l'alerte n'est pas traitée dans des délais raisonnables, le lanceur d'alerte peut alors s'adresser à l'autorité judiciaire ou administrative. Là encore, si aucune réponse n'est apportée dans les trois mois, l'alerte peut être rendue publique. «Ce signalement à trois paliers inscrit dans la loi Sapin II devrait permettre de créer un cercle vertueux car les entreprises n'ont pas intérêt à ce que les alertes deviennent publiques», indique Nicole-Marie Meyer. Ce filtre interne servirait ainsi à encourager la libération de la parole et non la délation et la diffamation. Par ailleurs, à toute étape, le lanceur d'alerte peut s'adresser au Défenseur des droits, qui doit veiller à ses droits et libertés.

Un premier lanceur d'alerte français en... 1895
Enfin, ce guide a pour but de montrer que les lanceurs d'alerte ne sont pas seulement issus du monde anglo-saxon. «Il y a des racines grecques et latines liées à la liberté de dire la vérité et la justice active et passive. Donc, nous pouvons nous emparer du droit d'alerte au même titre que les Anglais ou les Américains», tempère-t-elle. Nicole-Marie Meyer explique ainsi que le premier lanceur d'alerte français est le lieutenant-colonel Marie-Georges Picard qui, après avoir alerté en vain sa hiérarchie, a révélé l'identité du vrai coupable dans l'Affaire Dreyfus en... 1895. Convaincu de l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus, il communiquera des documents à des politiques, et sera chassé de l'armée et emprisonné. Il sera finalement réhabilité et nommé général de brigade en 1906.

À l'instar de cet illustre militaire, le premier lanceur d'alerte français connu, «toute personne confrontée à une atteinte grave à l'intérêt général peut se retrouver face au choix, un jour, de lancer l'alerte», explique Nicole-Marie Meyer. Tel est donc l'objet de ce guide: donner les clés pour agir, se protéger et se défendre.