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mardi 25 avril 2017

Robert Ménard condamné pour "provocation à la haine et la discrimination"




Paris (AFP) - Le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Front national, a été condamné mardi à 2.000 euros d'amende pour "provocation à la haine et la discrimination" pour avoir déclaré qu'il y avait trop d'enfants musulmans dans les écoles de sa ville.

Le tribunal correctionnel a également accordé entre un euro symbolique et mille euros de dommages et intérêts et mille euros de frais de justice à sept associations antiracistes parties civiles, dont la LICRA, le MRAP, la Ligue des droits de l'Homme, SOS racisme et la Maison des potes.


Le procureur avait requis 1.800 euros d'amende contre l'édile considérant que ce dernier avait "montré du doigt des gosses" qu'il décrit comme un poids pour la communauté nationale. "Il les réduit à leur religion, peu importe qu'ils aient la nationalité française ou ne pratiquent pas cette religion", avait-il dénoncé.
L'avocat de Robert Ménard avait plaidé la relaxe en appelant le tribunal à ne pas prononcer "une peine de mort de la liberté de penser".

L'élu était poursuivi pour avoir publié sur Twitter le 1er septembre 2016 le message suivant: 
"#rentréedesclasses: la preuve la plus éclatante du #GrandRemplacement en cours. Il suffit de regarder d'anciennes photos de classe".
Il est également visé pour avoir déclaré sur LCI le 5 septembre: 
"Dans une classe de centre-ville de chez moi, 91% d'enfants musulmans. Évidemment que c'est un problème".
La "provocation à la haine" est passible d'un an de prison et de 45.000 euros d'amende.

lundi 24 avril 2017

1er tour Présidentielle 2017 : résultats définitifs



Le ministère de l'intérieur vient de mettre en ligne les derniers résultats. La participation a été de 77,77 %. 
Les résultats sont les suivants :
  • Emmanuel MACRON 24,01 %
  • Mme Marine LE PEN 21,30 %
  • M. François FILLON 20,01 %
  • M. Jean-Luc MÉLENCHON 19,58 %
  • M. Benoît HAMON 6,36 %
  • M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 4,70 %
  • M. Jean LASSALLE 1,21 %
  • M. Philippe POUTOU 1,09 %
  • M. François ASSELINEAU 0,92 %
  • Mme Nathalie ARTHAUD 0,64 %
  • M. Jacques CHEMINADE 0,18 %
Les bulletins blancs représentent 1,78 % des suffrages, et les nulls 0,77 %.

1er tour Présidentielle 2017 : résultats au Plessis-Robinson



mardi 18 avril 2017

Le programme antieuropéen de Marine Le Pen dénoncé par 25 Nobel d’économie

Dans une tribune au « Monde », des lauréats du célèbre prix, dont Joseph Stiglitz et Jean Tirole, se prononcent en faveur de l’Europe et de la monnaie unique.


TRIBUNE. Certains d’entre nous, lauréats du prix Nobel d’économie, ont été cités par des candidats à l’élection présidentielle française, notamment par Marine Le Pen et ses équipes, pour ­justifier un programme politique sur la question de l’Europe. Les signataires de cette lettre ont des po­sitions différentes sur les sujets complexes que sont l’union monétaire et les politiques de ­relance. ­Cependant, nos opinions convergent pour condamner cette instrumentalisation de la pensée économique dans le cadre de la campagne électorale française.

– La construction européenne est capitale non seulement pour maintenir la paix sur le continent mais également pour le progrès économique des États membres et leur pouvoir politique dans le monde.

– Les évolutions proposées par les programmes anti européens déstabiliseraient la France et re­mettraient en cause la coopération entre pays européens, qui assure aujourd’hui une stabilité économique et politique en Europe.

– Les politiques isolationnistes et protectionnistes et les dévaluations compétitives, toutes menées au détriment des autres pays, sont de dangereux moyens d’essayer de générer de la croissance. Elles entraînent des mesures de représailles et des guerres commerciales. Au final, elles se révéleront préjudiciables à la France ainsi qu’à ses partenaires commerciaux.

– Quand ils sont bien intégrés au marché du travail, les migrants peuvent être une opportunité économique pour le pays d’accueil. Plusieurs des pays les plus prospères au monde ont su accueillir et intégrer les émigrés.

– Il y a une grande différence entre choisir de ne pas rejoindre l’euro en premier lieu et en sortir après l’avoir adopté.

– Il faut renouveler les engagements de justice sociale, et ainsi garantir et développer l’équité et la protection sociale, en accord avec les valeurs traditionnelles de la France, de liberté, d’égalité et de fraternité. Mais l’on peut et l’on doit parvenir à cette protection sociale sans protectionnisme économique.

– Alors que l’Europe et le monde font face à des épreuves sans précédent, il faut plus de solidarité, pas moins. Les problèmes sont trop sérieux pour être confiés à des politiciens clivants.



Angus Deaton (Princeton, prix Nobel en 2015), Peter Diamond (Massachusetts Institute of Technology, 2010), Robert Engle (université de New York, 2003), Eugene Fama (Chicago, 2013), Lars Hansen (Chicago, 2013), Oliver Hart (Harvard, 2016), Bengt Holmström (MIT, 2016), Daniel Kahneman (Princeton, 2002), Finn Kydland (Carnegie-Mellon, 2004), Eric Maskin (Harvard, 2007), Daniel McFadden (Berkeley, 2000), James Mirrlees (Cambridge, 1996), Robert Mundell (Columbia, 1999), Roger Myerson (Chicago, 2007), Edmund Phelps (Columbia, 2005), Chris Pissarides (London School of Economics, 2010), Alvin Roth (Stanford, 2012), Amartya Sen (Harvard, 1998), William Sharpe (Stanford, 1990), Robert Shiller (Yale, 2013), Christopher Sims (Princeton, 2011), Robert Solow (Columbia, 1987), Michael Spence (Stanford, 2001), Joseph Stiglitz (Columbia, 2001), Jean Tirole (Toulouse School of Economics, 2014).

L'article du Monde est à retrouver ici

mardi 11 avril 2017

Du mépris de classe !

Ce lundi 10 avril marque le début de la campagne électorale officielle et donc celui de la diffusion des clips de campagne des candidats sur les chaînes publiques. Philippe Poutou a choisi de répliquer après la séquence consternante sur le plateau de "On est pas couché" d'une élite hilare sur la question des licenciements et qui ne se cache même plus pour humilier le candidat à la présidentielle.






Philippe Poutou - On n'est pas couché 1er avril 2017 #ONPC



lundi 3 avril 2017

Palestine, la cause interdite


Actuellement François Hollande apparaît  un peu mou de la bombe. Après avoir rêvé de lâcher ses « Rafale » sur Damas, puis pilonné le Mali, la Syrie et l’Irak -et applaudi au carnage du Yémen- cet homme de fer est-il soudain résilient ? En panne ? Je lui confie donc une idée : si tu allais écrabouiller les supporteurs du Celtic de Glasgow… Voilà des mal-élevés qui s’entêtent à brandir des drapeaux palestiniens dans  leur stade de foot, à hurler vive le BDS ! Des criminels de guerre en devenir, qu’il faut d’urgence punir. Et d’une double peine puisqu’ils sont d’une origine sociale qu’Hollande méprise.

Tous ces égarés sont des prolétaires, fils ou filles d’hommes rudes : des « sans dents » descendants de « sans dents », aussi des supporters de l’Irlande libre.  Hollande ne doit pas oublier sa promesse d’un soir où, en goguette chez les Netanyahou, il a déclaré la main sur la pochette de son petit costume : « Je ne sais pas chanter mais suis prêt à apprendre pour louer la gloire d’Israël ! » Mauvais karma, à l’époque on trouvait à ses côtés, en témoin, une fille d’édentés, Valérie Trierweiller. Allez Président avec dents, fais-nous plaisir. Faute de raser les hooligans du Celtic sort au moins l’article 16 de la boite à pharmacie de l’Elysée, proclame un édit que je rédige pour toi : « Toute manifestation de soutien à la Palestine est interdite à vie sur l’ensemble territoire de la France ». Ah ! Qu’est-ce que l’on perd comme  temps en formalités.

Car, au pays dit des « Droits de l’Homme », le processus d’interdiction de manifester toute forme de soutien au peuple colonisé par Israël est en marche. Pour rire,  déposez donc un projet de réunion publique dans une préfecture hexagonale et vous verrez. C’est non. Au mieux à trois heures du matin dans les ruines d’une friche industrielle, autrement dit sur la lune. Soyons clair, estimer que le sort fait à la Palestine est illégal et injuste est devenu une affirmation antisémite. Fini le temps où Valls plantait des arbres pour soutenir les frères de Gaza et Ramallah. Les oliviers sont coupés. Nous avions alors de 7 à 77ans, nous défilions en hurlant librement et sans ombre, sans ambiguïté ni arrière-pensée pour la Palestine. En ces années nous n’étions pas « antisémites » et l’idée de nous accuser de cette monstruosité ne venait à personne. Nous n’avons pas changé et pourtant nous sommes aujourd’hui ceux que l’on stigmatise. Les réprouvés criminalisés.

Que nous est-il arrivé ? Qu’est-il arrivé à une cause historiquement et juridiquement irréfutable devenue interdite ? Tout a basculé à la chute du Mur. Le communisme est mort, confinant son utopie aux mètres cubes du mausolée de Lénine. Une partie du monde, une partie des êtres, a alors cessé de rêver le meilleur pour les autres, se consacrant maintenant à l’examen studieux de son nombril.  L’attentat newyorkais du  « 11 Septembre » a été le coup de grâce de la « cause » palestinienne. Désormais tout citoyen né dans un monde dit « arabe » est un terroriste, comment le défendre même s’il a des droits.

Un fils de philistin, combattant pour sa liberté depuis près d’un siècle, devenait de facto un barbare d’al-Qaïda ou de Daesch.  Principe de précaution : il faut claquemurer cette engeance sous un sarcophage digne de Tchernobyl.  Et nous, vieux citoyens du monde, vieux marxistes, vieux anars, vieux cathos vieux gaullistes et vrais démocrates, nous survivants, il nous faut, dans notre Arche de Noé, tenter de maintenir en vie l’idée de lutter pour une Palestine sauve et libre. Difficile, cruel et même dangereux. Qu’un ministre Turc vienne en France pour faire la campagne des Frères Musulmans, c’est « oui » pour le meeting (et tant mieux). Qu’une ONG veuille manifester contre la mort qui tombe en Palestine…dans une inversion et une perversion du droit, c’est alors « non ».

Nous aussi sommes face à un mur,  par exemple celui maçonné par Nathalie Kosciusco-Morizet, une élue qui a appris de Fillon l’honnêteté et l’art de manier la truelle dans les salons de la haute bourgeoisie. Suite à une manifestation qui a quand même pu se tenir à Paris, voilà ce que cette amie de la liberté écrit :

 « Alors que le Premier ministre avait annoncé que des dispositions seraient prises pour empêcher ce type de rassemblement, une manifestation a pu se tenir ce week-end dans les rues de Paris. La prolongation de l’état d’urgence vous donne pourtant, monsieur le Préfet de Police, les moyens de les interdire »… « Je vous demande de n’autoriser aucun rassemblement appelant au boycott de l’Etat d’Israël et de poursuivre systématiquement tout rassemblement non autorisé incitant à la haine envers un Etat démocratique et reconnu ».  Selon un mode de dénonciation que nous avions oublié, voilà un ordre donné à un fonctionnaire qui ne peut que dire « amen » sans être suicidaire.

Si, un préfet un peu sourd ou simplement amateur de droit, avait mis la missive de NKM au panier, la piqûre de rappel est automatique. Cette fois c’est Francis Kalifat, président qui s’autoproclame « représentatif » des juifs de France, qui s’y colle. Autre courrier timbré au préfet, au sujet de ces malheureux (mais courageux) rassemblements, tenus pour une Palestine à décoloniser:

« Outre le côté illicite du boycott et le caractère antisioniste visant à contester l’existence même de l’Etat d’Israël, ces manifestations sont clairement antisémites et visent à stigmatiser les Français juifs. Je compte sur votre intervention rapide, énergique et définitive pour que cesse dans les rues de Paris cette parole antisémite. » C’est écrit : protester contre le phosphore quand il tombe sur Gaza, c’est  être antisémite.

Parfois c’est l’étranger qui se mobilise contre les amis français de la liberté. Ainsi, convaincue d’être un ministre de la France, Aliza Bin-Nun, ambassadrice d’Israël à Paris, début mars, écrit à neuf maires tricolores, afin de les sommer d’interdire toute manifestation ayant pour cadre « La semaine contre l’apartheid israélien ». Menaces efficaces puisque des édiles sans courage, des responsables d’université pleutres, ont refusé aux militants le droit de se réunir.

Face à cette solitude, celle du marcheur qui touche le fond, le soutien du « monde Arabe » serait un renfort utile. Ne rêvons plus, il est advenu. Un rapport publié, sous le sigle de l’ONU, présenté par la Commission Economique et Sociale pour l’Asie, écrit  « Israël est coupable de politique et de pratiques constitutives du crime d’apartheid »…. et qu’il faut que l’ONU « soutienne la campagne BDS, la campagne de boycott d’Israël »  Un « crime antisémite », à mettre au compte de musulmans puisque 18 pays arabes figurent dans le groupe qui a émis le rapport. Aussi sec Antonio Gutteres, le nouveau pantin nommé à  la tête des Nations Unies, s’insurge contre l’offense. Rima Khalaf, l’économiste jordanienne qui préside la Commission, est priée  de retirer l’insupportable rapport. Courageuse la dame refuse. Gardant intact son honneur elle quitte l’ONU : « Je démissionne parce qu’il est de mon devoir de ne pas dissimuler un crime, je soutiens toutes les conclusions du rapport. »

Grand malaise à New York, au siège du « gouvernement mondial ». Pour le compte de la Commission le rapport a été rédigé par les professeurs américains Richard Falk et Virginia Tilley, deux grands experts du droit international qu’il est difficile de contester. Dès le rapport publié, les autorités israéliennes réutilisent une fois encore l’arme de l’injure antisémite. Dans le meilleur des cas le rapport siglé ONU est, selon les amis de l’extrême droite israélienne, « digne du Der Stürmer », un journal nazi du III e Reich. Si ce constat agace tant l’état hébreu et ses amis c’est qu’il remonte en surface l’image d’un d’apartheid. Une comparaison et un jugement déjà formulés par Jimmy Carter et évoqué par Kerry lui-même.

En France, où comparaison ne vaut pas raison, la classe politique -hors Mélenchon, le PCF, les trotskistes et les anars-  on ne peut même pas cligner des yeux sur cette image : Israël est l’état du juste et du bien. Pour aider le clan de la pensée juste, je propose, sur le modèle de la loi Gayssot, de punir tout écrit, tout acte, toute photo, tout film, toute musique, toute sculpture, toute peinture, tout geste, tout souffle qui s’en viendrait soutenir ces salopards de Palestiniens. Si, pour conclure et montrer le chemin parcouru à reculons, j’évoque Sabra et Chatila et rappelle aux amnésiques qu’en décembre 1982 l’Assemblée de l’ONU a qualifié ce massacre « d’acte de génocide », je risque fort, si des NKM s’en mêlent, de me retrouver devant un tribunal correctionnel pour propos « antisémites ». Alors ? Ressuscitons Maxime Rodinson et Hannah Arendt !


Par Jacques-Marie Bourget

P.S. Bien qu’ils soient les promoteurs de la colonisation de la Palestine, les anglais se montrent plus sourcilleux que la France sur ce droit à manifester. Les militants britanniques, ceux qui soutiennent le BDS, ont été autorisés par la justice à poursuivre le gouvernement quand il s’oppose au droit de prôner le boycott.


Jacques-Marie Bourget  a travaillé pour les plus grands journaux français dont 22 années à Paris-Match. Grand reporter spécialiste du Moyen-Orient a également obtenu le Prix Scoop 1986 pour avoir révélé l’affaire Greenpeace. Auteur de plusieurs livres dont Des affaires très spéciales (Plon) et Sabra Chatila au cœur du massacre (Erick Bonnier)

Cette chronique est publiée dans le numéro d’Avril du mensuel « Afrique Asie ».

vendredi 10 mars 2017

Philippe Pemezec mis à l'amende par François Fillon !

A l'occasion de la journée des droits des femmes François Fillon candidat LR à la présidence de la République 2017 a délivré un message dans lequel il dit faire de la défense des femmes un axe prioritaire de son quinquennat.  


Si l'on en croit ce discours Philippe Pemezec maire du Plessis-Robinson devrait très bientôt recevoir une amende "aggravée". Plutôt deux fois qu'une. La première pour avoir violemment lâchement agressé il y a quelques mois une maman en présence de sa fille (voir ici le dépôt de plainte). La deuxième pour avoir proféré des propos indignes, insultants, sexistes (que la bienséance empêche de répéter ici), à l'endroit de Anne Hidalgo, Maire de la ville de Paris. Ces mots lui ont d'ailleurs valu le titre infamant de macho de l'année 2017. Ce n'est que justice car cette distinction qui restera dans les annales récompense les œuvres complètes de son triste auteur*. 

Philippe Pemezec maire LR du Plessis-Robinson

Voici l'extrait du discours de François Fillon : 
"À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, je voudrais m'adresser à toutes les femmes de France pour leur dire ceci : aujourd'hui plus que jamais, le combat pour les droits des femmes est une nécessité.
Bien sûr dans notre pays, vos droits sont reconnus et consacrés. Mais ils sont aussi ; parfois ; trop souvent même, remis en cause.
Ces droits sont aussi remis en cause lorsque la dignité des femmes n'est plus respectée, que notre société véhicule des images qui blessent et rabaissent la féminité ; lorsque trop de violences faites aux femmes ne sont pas réprimées.
Et je propose de sanctionner d'une amende aggravée toutes les incivilités commises à l'égard des femmes [...].
Mes chers amies, je ferai de la défense des femmes un axe prioritaire de mon quinquennat. Je m'engage à mettre en œuvre toutes les actions concrètes pour les femmes que nous proposons, de la protection renforcée des femmes victimes de violences à la lutte contre le sexisme.
Ce combat pour les droits des femmes, je le mènerai en m'appuyant sur un gouvernement que je souhaite paritaire. Nous agirons pour toutes les Françaises, quelles que soient leur âge ou leur condition, parce que nous croyons à la liberté pour tous et à la dignité pour chacune."

Bien entendu personne n'est dupe de ce discours  électoraliste ! Philippe Pemezec en est la preuve exemplaire. Si François Fillon était sincère dans sa lutte contre le sexisme, il n'aurait pas investi  pour la députation Philippe Pemezec connu de toutes et de tous pour son lourd passif  !

Beaucoup parmi nos hommes et femmes politiques qui s'étonnent du désintérêt de nos concitoyens pour la politique ou de leur vote pour les extrêmes, sont en réalité et malheureusement les premiers responsables des maux qu'ils dénoncent.  

*Nous espérons très bientôt mettre en ligne l'extrait du livre de l'ancienne chef de Cabinet Marie-Célie-Guillaume Le Monarque, son fils, son fief  qui dépeint ce Cinglé Pichrocole dont on apprend qu'il s'agit de Philippe Pemezec.

jeudi 9 mars 2017

"Bouseux et racailles, l'avenir c'est vous, n'en déplaise aux haineux !"

Le Bondy Blog ouvre ses colonnes au MRJC (Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne) qui souhaite en finir avec un discours de haine qui oppose d’un côté les jeunes des quartiers populaires et de l’autre ceux des régions rurales. Tribune. 


Le Rural avec un grand R et les Quartiers Populaires avec un grand Q rassemblent, à eux, une grande partie du territoire de la France. Cela réunit un grand nombre de populations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, que ce soit en termes d’accès aux droits, aux services, de moyens économiques… De plus, l’accès aux loisirs n’est pas non plus la chose la plus aisée à cause d’une mobilité rarement disponible et relativement coûteuse.

Mais ces deux mondes partagent le même sentiment de subir des préjugés, de ressentir stigmatisations, injustices et chômage de masse : un quart des jeunes ruraux comme urbains sont ainsi sans emploi, selon le dernier rapport du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Il est toujours facile de priver de dignité ceux qui doivent déjà subir le poids des crises et abus, qui, sous couvert d’un rêve d’égalité sociale, ne voient jamais le bout du tunnel. Ce fait n’est pas nouveau car même les trente glorieuses n’ont pas suffi à vraiment faire diminuer ces inégalités. Cela crée toujours plus la peur de son propre avenir.

Personne ne se demande si le fait que nos territoires soient toujours plus remplis de haine, n’est pas la raison mais plutôt la conséquence ?

Comme le dit l’adage : “la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine … mène à la souffrance”. Et nos territoires, malgré leurs différences évidentes au premier coup d’œil, sont remplis de souffrance. Ce qui a pour conséquence de créer “des porteurs de haine” qui répondent à la violence par la violence (Nos haines et colères ne sont pas toujours les mêmes, mais partagent les mêmes racines). Et c’est toujours ce qui inonde nos télés, radios, Facebook… Mais personne ne se demande si le fait que nos territoires en soient toujours plus remplis, n’est pas la raison mais plutôt la conséquence ? Et pourquoi ce sont ces mêmes souffrances qui nous divisent autant ? Et à qui depuis tant d’années cela rapporte ? Nous avons oublié que l’argent est toujours là et qu’il n’y en a jamais eu autant… Il n’est malheureusement pas utilisé pour construire la paix mais pour créer toujours plus de jalousie et de haine.

Pourtant nos territoires ruraux et nos quartiers populaires sont remplis de jeunes qui ont l’espérance d’avoir une vie épanouie et digne. Ils ont bien conscience que pour ça, ils devront travailler, et pour certains, encore plus que leurs parents.

“L’avenir est bien cette jeunesse populaire”

Toute cette énergie dépensée chaque jour un peu plus nous montre l’espérance qu’ils ont dans un avenir meilleur. On le voit avec leur investissement dans le monde associatif et le bénévolat, avec le nombre de petits boulots mal payés qu’ils acceptent, avec quel zèle ils remplissent leurs devoirs de citoyens (de plus en plus deviennent enseignant.e.s, infirmier.e.s ou s’engagent dans l’armée, etc.). Surtout on le voit avec le nombre d’initiatives et d’idées qui paraissent tous les jours et qui tendent à prouver que l’avenir est bien cette jeunesse populaire ! Ironiquement on pourrait se demander si c’est la pauvreté qui crée l’engagement et les bonnes idées ? Peut-être que l’histoire fera mentir les vrais “porteurs de haine”, et que nous les remercierons un jour de nous avoir unis dans une vraie espérance pour un avenir équitable et en paix.

Bouseux ou racailles, “nous avons les gens, ils ont l’argent, et à la fin c’est nous qu’on va gagner…” (François Ruffin)

Jonathan MOUNAL, secrétaire général du MRJC

artcile à retrouver ici

jeudi 23 février 2017

Un discours nécessaire !

 

Jacques Toubon dénonce les difficultés d’accès aux droits en France. Pour le défenseur des droits, l’administration a sa part de responsabilité, mais il dénonce aussi une forme de rejet des droits de l’homme remplacés, dans le discours politique, par la question de l’identité. Il revient également sur l'affaire Théo et sur la logique partisane dans la vie des citoyens.



Recueilli par Michel Urvoy - Ouest France

L’institution du Défenseur des droits, créée en 2011, a pour charge de veiller au respect des droits des personnes. Elle peut être saisie gratuitement par toute personne, société ou association qui s’estime discriminée par un représentant de l’ordre public (police, gendarmerie, douane…) ou privé (agent de sécurité…). Jacques Toubon, nommé Défenseur des droits en 2014, estime du haut de son expérience et de ses 75 ans, que le discours politique fait trop de concessions aux droits supposés universels. Entretien.

Comment évolue l’accès aux droits dans le pays des droits de l’homme ?

Il existe un hiatus entre les droits proclamés et les droits effectifs. Entre les grands principes et les droits vécus au quotidien. Et il a plutôt tendance à s’élargir.

Pour quelles raisons ?

Pour trois raisons. L’administration devient de plus en plus labyrinthique. Elle recule en fermant des bureaux ; elle est de plus en plus dématérialisée ; elle est de moins en moins équipée pour accueillir. La deuxième : les inégalités réelles sont de plus en plus fortes. La grande pauvreté est un obstacle à l’accès aux droits. La troisième est plus politique. Il y a une perte de repères par rapport à ce qui était en France, une forme de « religion » des droits de l’homme.

De la part de qui ?

De tout le monde. Y compris, ce qui est le plus inquiétant, des responsables politiques. On entend beaucoup dire : « les droits de l’homme c’était il y a soixante ans, les lendemains de la guerre, aujourd’hui, c’est une autre époque, faisons ce qui est possible… » Autrement dit, les droits universels ne sont plus considérés comme absolus, ils sont discutables et discutés. Le recul de l’accès aux droits, au-delà des défauts du service public, tient donc plus largement à l’état de la société, et à la crise…

Dans quels domaines a-t-on le plus reculé ?

Depuis dix ans, on a laissé en déshérence la lutte contre les discriminations et la bataille pour l’égalité. Il n’y a plus de discours du politique là-dessus, sinon la récente loi égalité-citoyenneté qui a essayé, tardivement, de rattraper le coup. À partir du moment où le sentiment domine que les pouvoirs publics ne se battent pas contre les discriminations, beaucoup de gens se disent que le système n’est pas fait pour eux… Aujourd’hui, le discours prépondérant, c’est celui de l’identité, l’identité qui fait obstacle à l’égalité.

Rien de positif ?

Si ! L’institution du Défenseur des droits, après cinq ans et demi de fonctionnement, est arrivée à maturité et son rôle est reconnu. Nous avons beaucoup de demandes - 86 000 dossiers, 9 % de plus l’an dernier - et beaucoup de résultats. Dans bien des domaines de la vie courante, nous rendons effectifs des droits qui n’étaient pas pleinement réalisés.

L’accès aux allocations illustre-t-il ce hiatus dont vous parlez ?


Exemple massif : on pense qu’il y a 35 % des personnes qui pourraient toucher le Revenu de solidarité active (RSA) et qui ne le demandent pas. Les Départements, du fait de leurs difficultés budgétaires et de trésorerie, cherchent à resserrer le dispositif, à ajouter des conditions non prévues par la loi. De plus, la lutte contre la fraude, parfaitement justifiée, crée des chicanes, et peut être un facteur de la difficulté de l’accès aux droits. Énormément de gens n’ont plus le fil d’Ariane pour entrer dans le système.

C’est encore plus vrai s’agissant des étrangers ?

Nous constatons que, de plus en plus, l’étranger installé en France, et le migrant, est d’abord traité comme un étranger, c’est-à-dire une catégorie administrative, avant d’être considéré comme un malade, un demandeur de logement ou d’emploi. Le dernier exemple, c’est l’université de Nanterre qui ne voulait plus admettre d’étrangers en master. Elle avait décidé de les refuser, illégalement, en opposition à tous les principes, à « l’esprit de Nanterre » et même à l’intérêt de la France, à partir d’exigences gestionnaires. Heureusement, elle est revenue sur sa décision.

La gestion peut-elle devenir un prétexte pour cacher des motivations moins avouables ?

Prenons l’exemple de l’aide médicale aux étrangers (AME). Que dit-on couramment ? « C’est trop cher. » Il n’y a que le Front national qui assume la préférence nationale, c’est-à-dire le contraire des droits de l’homme. Les autres disent tous qu’ils n’ont rien contre les étrangers, mais qu’il n’y a plus l’argent. Le résultat est le même ! « La maîtrise des flux migratoires », cette formule technocratique, signifie que l’on ferme les vannes. Vous avez une distorsion entre les droits, faits pour tous, et la manière restrictive dont ils sont appliqués pour quelques-uns : les étrangers, et aussi d’autres personnes vulnérables, comme les mineurs isolés qui bénéficient pourtant d’un droit inconditionnel à l’abri.

L'affaire du jeune Théo, violemment interpellé, relève de l'accident ou de la perte de repères ?

C'est un fait de société. En France, il y a un véritable malaise entre une partie de la police et une partie de la population. 80 % de la population n'a pas de problème avec les forces de l'ordre. Mais, dans certains territoires, des groupes de jeunes, Noirs, Arabes ou Maghrébins, sont vingt fois plus contrôlés que les autres et témoignent de comportements qui créent le conflit. Cette situation caractérise une société qui laisse provoquer des occasions de division sociale. Alors que la police, ce sont les « gardiens de la paix », par construction.

Quelles solutions ?

Si on savait pourquoi il y a un contrôle et par qui il a été fait, et quand, et où, cela aurait trois conséquences bénéfiques : moins de contrôles, la possibilité pour la personne contrôlée de contester et celle, pour le policier, de se défendre. D'une façon plus générale, il faudrait que toutes les parties prenantes - les élus, le gouvernement, la police, la gendarmerie, les associations, des spécialistes universitaires et des chercheurs - se mettent autour d'une table. Au point où nous en sommes, les relations police/population justifieraient l'organisation d'une « conférence de consensus ».

Y compris sur l'état d'urgence ?

J'ai considéré que plusieurs des dispositions proposées, qui pour la plupart ont été adoptées sans coup férir, comportaient des accrocs à l'État de droit et que cela risquait de constituer un recul inacceptable devant l'entreprise terroriste. Dans le contexte sécuritaire dans lequel vivent nos démocraties, la seule façon de répondre à la barbarie, c'est de chérir et préserver sans compromis, les valeurs, les libertés, les droits, l'égalité, qu'elle a pour projet de combattre !

Diriez-vous, à partir du moment où on a la volonté, que l'on a les outils ?

Exactement. Ce n'est pas la peine de changer les règles... C'est une question de volonté politique. Tous les partis sont paralysés par les enjeux immédiats. Mais il faut aussi plus d'effectifs - combien de commissariats ont fermé leurs portes ! - le retour d'une police en permanence sur le terrain, une formation plus poussée...

Diriez-vous la même chose si vous étiez resté l'homme politique que vous étiez ?

Cette question ne tient pas compte du temps qui passe. J'ai connu une vie politique dont la règle était la discipline de groupe, la solidarité gouvernementale. En même temps, je me suis toujours occupé de la France multiple, du droit, de la culture. Je n'ai pas une nouvelle vision ou une nouvelle opinion. Je m'inscris plutôt dans la continuité de ce que je suis et de ce que je pense.

Être partisan peut-il jouer contre le citoyen ?

La vie politique est structurée autour des partis. Détruire les partis, c'est jouer contre la démocratie. Mais les partis peuvent manquer d'ouverture. Pour ma part, je suis libre de toute attache partisane. Le Défenseur des droits est indépendant et libre. Je dis les choses et je vois les êtres tels qu'ils sont. Que les convictions, également respectables, n'empêchent pas d'apporter de bonnes réponses aux bonnes questions.

Est-ce une question de droite-gauche ou de capacité à se mettre dans l'optique du citoyen, de la victime, du consommateur ?

C'est une question d'empathie. Pour faire que les droits universels le restent et qu'il n'y ait pas d'exclu de la République. Les droits, c'est par définition ce que la République accorde à tous. Encore faut-il réaliser cette promesse pour retrouver une cohésion sociale, assez largement compromise.


dimanche 19 février 2017

Par peur d'être confrontés à une journaliste de Médiapart des responsables du FN refusent une invitation de BFMTV

Des responsables du FN qui refusent une invitation de BFMTV ? Voilà qui n’est pas courant. D’habitude si prompt à squatter l’antenne de la chaîne en continu, aucun cadre du parti frontiste n’a accepté de participer hier soir au talk de la chaîne Weekend Direct. BFMTV (pourtant d'habitude plus intéressée par les affaires Fillon que par les affaires Le Pen) avait invité la journaliste Marine Turchi qui enquête sur l’affaire d'emplois présumés fictifs du parti frontiste. Ce mercredi 16 février, la journaliste de Mediapart, conjointement avec Marianne a publié des extraits d'un rapport de l'Office européen pour la lutte anti-fraude (OLAF) concernant des assistants parlementaires de Marine Le Pen. L'OLAF soupçonne la présidente du FN d'avoir fourni des faux contrats d'assistants parlementaires, notamment à son garde du corps, Thierry Légier, ainsi qu'à sa cheffe de cabinet, Catherine Griset.

"Hier BFM m’appelle et me propose de venir parler de l’enquête, ils souhaitaient également avoir quelqu’un du FN sur le plateau", nous confie la journaliste. C’est là que ça se corse. Comme la journaliste de Mediapart l’a fait savoir ce matin dans un tweet : "aucun responsable n’a voulu venir en plateau parler de l’affaire des assistants de Le Pen avec nous"




Ce qu'a confirmé à son tour sur Twitter, le présentateur de l’émission Weekend Direct François Gapihan.



BFMTV avait pourtant multiplié les invitations. Comme @si se l'est fait confirmer, la chaîne a successivement sollicité le secrétaire général du parti Nicolas Bay, le délégué national du rassemblement bleu marine, Sébastien Chenu ainsi que le très médiatique vice-président du FN, Florian Philippot. En vain.

Le premier a fait savoir à la chaîne qu’il n’était pas disponible, les deux autres ont tout simplement refusé. "Habituellement ils ne se font pas prier pour passer sur BFM, mais quand ils ont compris qu’un des deux auteurs de l’enquête serait sur le plateau, c’était fini", remarque Turchi.

samedi 18 février 2017

Monique Pinçon-Charlot : "Fillon et les bourgeois sont sur une autre planète"

Invitée d'Arrêt sur images pour donner son regard de sociologue sur le #FillonGate, la spécialiste des riches et directrice de recherche au CNRS à la retraite Monique Pinçon-Charlot a mobilisé une lecture de classe pour donner des clés de compréhension du scandale.




Elle explique que la bourgeoisie, classe sociale qui a conscience d'elle-même et qui se mobilise pour la défense de ses intérêts, ne peut pas comprendre l'émoi provoqué par son népotisme et son accaparement des richesses. Occupant tous les postes de pouvoir, cette oligarchie serre les rangs et estime que ces comportements moralement réprouvés par la majorité des citoyens et peut-être même bientôt punis par la justice sont normaux, puisqu'ils sont habituels et permettent sa reproduction sociale. 

Ces gens là grandissent et vivent tout le temps entre eux dans un entre soi de classe absolument permanent. Vous savez qu'à l'Assemblée nationale il y a très peu de représentants des ouvriers et des employés. Pour ne pas dire pas du tout. 
Que ce soit dans les cercles, que ce soit dans sa société de conseil, que ce soit dans les remises de légions d'honneurs, ils sont toujours entre eux dans une consanguinité sociale de tous les instants, qui fait qu'ils se sentent impunis. Il y a une impunité de classe qui est extrêmement forte. Ils se croient véritablement les meilleurs. 
Il y a une phrase de Paul Nizan* que j'ai mémorisé dans "Les chiens de garde", écrit en 1932, qui est tout à fait révélatrice, qui colle très bien comme exergue pour l'histoire de Fillon : "La bourgeoisie travaille pour elle seule, elle exploite pour elle seule, elle massacre pour elle seule. Mais elle doit faire croire qu'elle travaille, qu'elle exploite et qu'elle massacre pour le bien final de l'humanité. Mais elle doit faire croire qu'elle est juste ... et elle même doit le croireC'est ça qui est important, cette chute :"Et elle même doit le croire". 
[...] Il faut vous rendre compte que la classe politique est tellement dissociée, déconnectéedu peuple, que le mensonge est devenu une manière de gouverner aujourd'hui au plus haut sommet de l'état. 
[...] Comment est-ce qu'ils vivent leurs électeurs ? Comment est-ce que ces grands bourgeois vivent le reste de la société, il y a des processus de déshumanisation de mépris de l'autre dissemblable, qui sont extrêmement forts, c'est une instrumentalisation de leurs électeurs. 
Ce qu'ils cherchent c'est des voix. On a vu Fillon instrumentaliser la religion catholique, ils sont sans cesse en train d'instrumentaliser pour le bénéfice de leur prédation, pour le bénéfice de leurs privilèges, pour le bénéfice de leur pouvoir. 
Ce qu'il faut vous mettre dans la tête, c'est qu'on a pas la même tête. Ils pensent de manière différente de nous, ils utilisent des mots différents de nous, ils sont sur une autre planète et c'est très difficile, nous qui avons des valeurs d'égalité, de partage, qui avons des valeurs morales très fortes, eux non, c'est pour ça que je reviens à cette phrase de Paul Nizan, qui est essentielle. 
Il faut comprendre le fonctionnement de classe d'une oligarchie qui s'accaparent toutes les richesses et tous les pouvoirs.


Monique Pinçon-Charlot, née le 15 mai 1946 à Saint-Étienne, est une sociologue, directrice de recherche au CNRS jusqu'en 2007, année de son départ à la retraite, rattachée à l'Institut de recherche sur les sociétés contemporaines (IRESCO).

* Paul-Yves Nizan (1905-1940) est un romancier, philosophe, et journaliste français.

vendredi 17 février 2017

Oui, encore et toujours la colonisation est un crime contre l’humanité


En déclarant que “la colonisation est un crime contre l’humanité, une véritable barbarie”, Emmanuel Macron a déclenché un torrent d’indignation. On a dit que cette déclaration n’était que pur opportunisme, que le candidat d’”En marche”, comme d’habitude, disait tout et son contraire. En novembre 2016, il déclarait : “Alors oui… en Algérie il y a eu la torture mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie”. Certes. Mais si, pour une fois, Emmanuel Macron avait eu raison ? La réaction chauvine suscitée par ses propos, en tout cas, montre que le révisionnisme colonial fait partie de l’ADN de la droite française.

Il faut les entendre fulminer, ces humanistes à géométrie variable, lorsque cette page sinistre de l’histoire de France est pointée du doigt. Pour Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains, “ces propos constituent une insulte à l’Histoire de France et à la mémoire de millions de Français. Ils n’honorent pas le candidat à l’élection présidentielle qui fait le choix de la repentance plutôt que celui d’une lecture objective de notre histoire. Une repentance, toujours agitée par la gauche et l’extrême-gauche, qui contribue malheureusement à la défiance d’une partie des nouvelles générations envers leur pays”.

Mais c’est tout le contraire ! Pour qu’un Français se sente insulté par cette affirmation, il faut qu’il ait une lecture étriquée du passé national. Les millions de victimes du colonialisme français depuis trois siècles seraient-elles quantité négligeable ? Faut-il, pour être patriote, adhérer à un roman colonial à l’allure de conte de fées ? Que la France se proclame de  la patrie des droits de l’Homme n’interdit pas à ses citoyens de vérifier si cette promesse a été tenue au cours de son histoire. Elle leur en fait obligation. Et après examen, le verdict est sévère. Certains de vos électeurs l’ont peut-être oublié, M. Accoyer, mais la conquête de l’Algérie fut une expédition meurtrière, l’occupation de ce pays une humiliation permanente pour ses habitants et sa guerre de libération un carnage (300 000 morts) provoqué par l’obstination du colonisateur.

Mais M. Accoyer ne nous a offert que le hors d’œuvre. Parmi les nostalgiques à l’orgueil outragé, c’est la présidente du FN qui enlève le pompon. Sur sa page Facebook, elle qualifie carrément de “crime” les propos d’Emmanuel Macron. “Y a-t-il quelque chose de plus grave, quand on veut être président de la République, que d’aller à l’étranger pour accuser le pays qu’on veut diriger de crime contre l’humanité ?”, demande la candidate du FN. “En utilisant cette argumentation probablement pour des raisons bassement électoralistes, le crime, c’est M. Macron qui le commet. Il le commet contre son propre pays”. Voilà, la messe est dite. A l’unisson, la droite et l’extrême-droite assènent cette doctrine singulière selon laquelle le crime n’est pas le colonialisme, mais sa dénonciation.

Contre ces impostures réactionnaires, il faut relire ce qu’écrivait Aimé Césaire en 1955 dans son magnifique “Discours sur le colonialisme”. Il citait le colonel de Montagnac, l’un des conquérants de l’Algérie : “Pour chasser les idées qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts mais bien des têtes d’hommes”. Il donnait la parole au comte d’Herisson : “Il est vrai que nous rapportons un plein baril d’oreilles récoltées, paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis”. Il citait aussi Pierre Loti relatant dans “Le Figaro” la prise de Thouan-An (Indochine) en 1883 : “La grande tuerie avait commencé ! C’était plaisant de voir ces gerbes de balles, si facilement dirigeables, s’abattre sur eux deux fois par minute. On en voyait d’absolument fous, qui se relevaient pris d’un vertige de courir. Ils faisaient en zigzag et tout de travers cette course de la mort, se retroussant jusqu’aux reins d’une manière comique … et puis on s’amusait à compter les morts”. Eh oui, ces horreurs, elles aussi, font partie de notre histoire.

Partout, la conquête coloniale fut effroyable. Le colonisateur au drapeau tricolore l’a déshonoré, ce drapeau. Il l’a noyé dans le sang des peuples martyrisés par ceux qui prétendaient leur apporter la civilisation au bout du fusil. C’est pourquoi, partout, les peuples colonisés ont levé l’étendard de la révolte. Lassés d’être traités en objets, ils voulaient devenir “les sujets de leur propre histoire”, comme disait Lénine dans ses thèses prophétiques sur le droit des nations à disposer d’elles-mêmes (1916). Mais en Indochine, en Algérie, à Madagascar, au Cameroun, cette révolte populaire s’est heurtée à une répression impitoyable. Pour maintenir l’ordre ancien, la machine de guerre coloniale a perpétré des crimes de masse, elle s’est livrée à d’innombrables massacres.

Lisez donc le grand Aimé Césaire, M. Accoyer, cela vous changera du Figaro-Magazine ! “Il faudrait étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Vietnam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette gangrène est toujours dans les têtes. Comme disait Marx à propos des atrocités commises par les Anglais en Inde en 1853, “L’hypocrisie profonde et la barbarie inhérente à la civilisation bourgeoise s’étalent sans voile devant nos yeux, en passant de son foyer natal, où elle assume des formes respectables, aux colonies où elle se présente sans voile”. Oui, c’est un fait, le crime colonial a fait voler en éclats les barrières morales que la classe dominante s’imposait ailleurs. Dire cette atrocité du crime colonial, c’est désigner avec les mots qui conviennent cette histoire douloureuse. Le colonialisme est une violence au carré, décuplée par le sentiment de supériorité raciale du colonisateur sur le colonisé. Perpétré sur les cinq continents, de Colomb à Netanyahou, le colonialisme est un crime contre l’humanité, car il nie l’humanité de celui qu’il opprime.

Bruno Guigue
né en 1962 à Toulouse, est un ancien haut fonctionnaire, chercheur en philosophie politique et analyste politique français.

jeudi 16 février 2017

Oui la colonisation est un crime contre l'humanité !

Oui la colonisation est un crime contre l'humanité ! 

N'en déplaise à la droite et à l'extrême droite Emmanuel Macron a raison de qualifier la colonisation de crime contre l'humanité !



Commerçant britannique porté par une femme du Sikkim (Bengal) 1903

 
Benjamin Stora explique dans Libération les ressorts de la question de la colonisation dans l'inconscient collectif français :

Libération - Kim Hullot-Guiot

«La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes.»

La phrase, prononcée à la télévision algérienne, est d’Emmanuel Macron. Des propos qui ont provoqué de vives réactions, notamment à droite et à l’extrême droite. Même la ministre écologiste Emmanuelle Cosse a réagi ce jeudi matin en niant le terme de «crime contre l’humanité». Pour l’historien Benjamin Stora, les propos du leader d’En marche n’ont pourtant rien de révolutionnaire.


Libération : Dans une interview à la télévision algérienne, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité, une vraie barbarie». Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Benjamin Stora : C’est une vieille question. La qualification de crime de guerre, de crime contre l’humanité, a affleuré sans arrêt dans les débats. Pendant la guerre d’Algérie, déjà, il y avait toute une série d’arguments avancés par des avocats, principalement ceux du Front de libération nationale (FLN), mais aussi par l’historien Pierre Vidal-Naquet, qui a écrit la Torture dans la République.

Il y a aussi eu le grand rapport de Michel Rocard, qui sortait alors de l’ENA, en 1960, qui a fait scandale, parce qu’il y expliquait que plus de 2,5 millions de paysans algériens avaient été déplacés de force par l’armée, c’est énorme ! Lui-même, Michel Rocard, parlait de crime contre l’humanité, parce que certains de ces paysans sont morts de faim. En 2000, Germaine Tillion, Vidal-Naquet, et d’autres ont publié dans l’Humanité un appel qui demandait à Lionel Jospin de reconnaître les crimes de la guerre d’Algérie - même si ça ne portait pas sur l’ensemble de la colonisation.

Dans les travaux des historiens consacrés à la conquête de l’Algérie, où des crimes ont été commis, il est raconté des massacres, des atrocités, que n’importe quel historien sérieux connaît. Des livres comme ceux de François Maspero ou de Marc Ferro sont là depuis longtemps, mais ils n’ont pas conquis la sphère politique.

Libération : L’Algérie semble être le passage quasi-obligé des candidats à la présidentielle. Le fait qu’il ait fait cette déclaration en Algérie est-il différent de s’il l’avait faite depuis la France ?

Benjamin Stora : Il faut lui poser la question. Mais à l’heure du numérique, le coup des frontières, c’est fini ! Une parole prononcée à Alger, Rabat, Dakar ou Paris, est reçue de la même manière.

Libération : Les réactions de la droite et de l’extrême droite ont été très virulentes, parlant par exemple de «crachats inacceptables sur la tombe des Français […] et des harkis morts pour la France». Même François Fillon, qui avait pourtant qualifié lui-même à la Réunion la colonisation «d’abomination», s’en est pris à lui. Pourquoi est-ce encore un sujet de crispation si fort?

Benjamin Stora : Ce sont des réactions convenues. Quand on parle de l’histoire française, on parle des Lumières, de l’aspect glorieux, de la République égalitaire, etc. Mais très peu des zones d’ombre alors que l’histoire française en a.

En 2005, la loi obligeant les professeurs à évoquer l’aspect «positif» de la colonisation a provoqué un tollé - elle a été retirée après. Lorsque l’on évoque ces sujets dans la classe politique française, on ne prend pas la peine de demander leur point de vue à ceux qui l’ont vécu.

En Algérie, la question a toujours existé, comme dans d’autres pays, où la condamnation de la colonisation a été très forte, très développée par les historiens tunisiens, marocains, africains, indochinois… Il n’y a pas un seul historien de ces pays qui s’est amusé à dire que la colonisation avait été positive !

Libération : Est-ce que tous ces responsables politiques, quand ils évoquent l’histoire coloniale de la France, au fond, n’ont pas un peu de mal à admettre que la France n’est plus un empire ?

Benjamin Stora : Pour la droite et l’extrême droite, l’histoire de France doit être prise comme un bloc. Mais à vouloir prendre l’histoire comme un bloc, on finirait par dire qu’il ne s’est rien passé sous Vichy, ou sous la Révolution française, comme le massacre des Vendéens ! C’est une lecture à géométrie variable. Il y a aussi, à l’extrême droite, le maintien de la mémoire impériale et le refus de l’Algérie indépendante.

On ne s’intéresse qu’à une fraction, qui a souffert de la fin de cette histoire, les harkis et les rapatriés. Il faudrait demander leur point de vue aux anciens colonisés, qui ont vécu dans des sociétés coloniales pendant longtemps. Il faut prendre en compte tous les aspects : c’est vrai que la France a apporté les droits de l’Homme et a oublié de les lire [comme l’a également déclaré Emmanuel Macron, ndlr]. Cette contradiction entre les principes d’égalité affichés et leur non-application est d’ailleurs à la base des nationalismes anti-coloniaux. Si on ne peut toujours pas admettre cela soixante ans après…

Libération : En 2007, Nicolas Sarkozy avait qualifié «le système colonial» d’«injuste». Lors d’une visite à Alger, en 2012, François Hollande avait reconnu «les souffrances infligées par la colonisation au peuple algérien». Il n’avait pas présenté d’excuses. Emmanuel Macron va plus loin puisqu’il parle de présenter «nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes». Est-ce, à votre avis, important que la France présente des excuses ?

Benjamin Stora : Les excuses, c’est une chose que les Américains ont faite sur le Vietnam, ce qui leur a permis de rouvrir une ambassade et de devenir le premier partenaire commercial du Vietnam. C’est un pragmatisme qui n’existe pas en France.

Au fond, c’est un problème de génération. Pour un jeune d’aujourd’hui, de 25, 35ans, il y a une évidence dans la reconnaissance des actes qui ont été commis, c’est comme le rapport à l’esclavage, à la Shoah, ce sont des séquences historiques admises.

Pour la guerre d’Algérie et la colonisation, on n’en est pas là. Il y a un décalage entre la jeunesse et une partie de la classe politique, c’est pour ça que Macron, qui a 38 ans, l’a dit sur le ton de l’évidence. Et ça soulève de l’embarras à gauche, de la protestation à droite et de la virulence à l’extrême droite.min Stora, les propos du leader d’En marche n’ont pourtant rien de révolutionnaire.



Benjamin Stora né le 2 décembre 1950 à Constantine en Algérie est un historien français, professeur à l'université Paris-XIII et inspecteur général de l'Éducation nationale depuis septembre 2013. Ses recherches portent sur l'histoire de l'Algérie et notamment la guerre d'Algérie et plus largement sur l'histoire du Maghreb contemporain, ainsi que sur l'Empire colonial français et l'immigration en France. Il assure la présidence du conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration depuis août 2014.

mercredi 15 février 2017

Rassemblement contre la corruption des élus Dimanche à Paris et en région






Vincent Galtier à l'initiative de l'appel à manifester explique :

Je suis un citoyen encarté nulle part, d'aucun parti ni syndicat ni association ni collectif ni d'aucune organisation. Je suis seul, et maintenant avec vous. Facebook est un formidable moyen de nous rassembler autour de nos revendications mais sa limite est l'évolution démocratique du mouvement : c'est pourquoi je propose qu'une AG suive directement ce rassemblement pacifique, citoyen, non récupéré, où je souhaite que les citoyens encartés ou syndiqués se présentent comme tels, pour que le collectif que nous formons puisse décider de son avenir en tant que collectif démocratique. 
MERCI A TOUS

La déclaration du rassemblement s'est faite conjointement avec les organisateurs déclarants de Nuit Debout aujourd'hui Mardi 14 Février à 18h39.
Le dépôt de déclaration dans les délais, sans notification d'interdiction de la préfecture vaut "autorisation par défaut" de se rassembler. Non-interdiction, si vous préférez. Le contexte social actuel resserre ces notions. En revanche, la préfecture peut tout à fait nous interdire de nous rassembler au dernier moment. Sachez-le, mais en attendant, MOBILISONS-NOUS, ET MERCI A TOUS.

lundi 23 janvier 2017

Résultats du premier tour de la primaire de la gauche dans les Hauts-de-Seine

Dans le département Benoît Hamon arrive en tête avec 35,6 % des suffrages, devant Manuel Valls, qui termine à 32,1 %

Au Plessis-Robinson Benoît Hamon arrive également en tête 33,38 % des voix devant Manuel Valls crédité de 31,46 % des voix.




samedi 21 janvier 2017

Titres restaurant bientôt périmés? Pensez au don à Action contre la Faim !

Vos titres restaurant ne sont bientôt plus valides, 
faites-en don à Action contre la Faim!

Jusqu’au 31 mars 2017, Action contre la Faim est habilitée à transformer les titres restaurant périmés 2016 en don. 

Envoyez vos titres restaurant périmés et bénéficiez d’une réduction d’impôts de 75% du montant de votre don.



Chaque année, de nombreux bénéficiaires de titres restaurant finissent l’année avec un surplus important de titres restaurant. Vous en faites partie? Ayez le réflexe solidaire, offrez vos titres restaurant 2016 à Action contre la Faim et bénéficiez d’une réduction d’impôts de 75% du montant de votre don! Envoyez votre don sans affranchir à:

Action contre la Faim
Opération “Je Déj, Je Donne”
Libre réponse n°93244
77009 Melun Cedex

Le don de titres restaurant permet à Action contre la Faim d’intervenir partout où la faim frappe. Aujourd’hui encore, 795 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Elles ont besoin de vous! En 2015, l’ONG est intervenue dans 47 pays, auprès de 14,9 millions de personnes. Cela est rendu possible grâce au soutien de tous.

Avec “Je Déj, Je Donne”, vos titres restaurant luttent contre la sous-nutrition ! Deux titres restaurant de 7€ par exemple, soit 14€, permettent à un enfant malnutri de bénéficier d’un traitement à base de pâte nutritionnelle pendant quatre semaines.

Au nom de tous les bénéficiaires d’Action contre la Faim, merci pour votre soutien !
Les dons de titres restaurant ouvrent droit à une réduction d’impôts de 75%. 




Depuis 2009, Action contre la Faim collecte les titres restaurant grâce à l'opération "Je déj, je donne", avec le soutien du Groupe Up.

Les titres restaurant que nous recevons en don tout au long de l’année ont déjà permis de venir en aide à plus de 1,5 millions d’enfants en 7 ans.

Action contre la Faim est habilitée à collecter tous les titres restaurant (Chèque Déjeuner, Ticket Restaurant, Chèque de Table, Chèque Restaurant) ainsi que les chèques cadeau du Groupe Up (Chèques Cadhoc, Lire, Disque et Culture).

Soutenir Action contre la Faim avec ses titres restaurant, c'est très simple :

  • Inscrivez "Action contre la Faim" sur chacun de vos titres restaurant
  • Glissez-les dans une enveloppe vierge, sans l’affranchir
  • Adressez-là à : Action contre la Faim, Opération « Je déj, je donne », Libre réponse n°93244, 77009 Melun Cedex

Rendez-vous sur http://www.jedej-jedonne.org

«Le racisme est-il légal en France, ou juste à Bastia?» Mario Balotelli dénonce des cris de singe à Furiani


«J'ai une question pour les Français». C'est par un court message sur le résultat du match de Nice à Bastia (1-1) et donc cette introduction que Mario Balotelli a lancé un coup de gueule sur Instagram. L'attaquant de Nice assure en effet avoir été victime de cris de singe vendredi soir à Furiani, durant la première rencontre de la 21e journée.

«Est-ce normal que les supporters de Bastia fassent des bruits de singe et des «uh uh» pendant toute la rencontre et que personne de la commission de discipline ne dise rien? Est-ce que le racisme est légal en France? Ou alors juste à Bastia? Le football est un sport incroyable, et ces supporters de Bastia le rendent terrible.  [En Français dans le texte:] C'EST UNE VRAIE HONTE». 

Pour accompagner ses propos, Super Mario a choisi une image toute noire.



Yesterday the result against Bastia was right.. we will work more and try to get our objective.. the referee was good too👍🏾 but I have a question for French people.. Is it normal that Bastia supporters make monkey noise end "uh uh" for the whole game and no one of the "commissions discipline " say nothing? So is racism LEGAL in France? Or only in Bastia ? Football is an amazing sport .. those people like Bastia supporters make it horrible ! VERGOGNA DAVVERO. UNE VRAIE HONTE .

Balotelli, attaquant de 26 ans né à Palerme et d'origine ghanéenne, notamment passé par Liverpool, Manchester City, l'Inter Milan et le Milan AC, a déjà été à de multiples reprises la cible d'insultes racistes lorsqu'il évoluait en Italie et en Angleterre.

En avril 2015, l'association anglaise anti-discrimination Kick It Out («Dehors le racisme») avait ainsi estimé qu'il avait été visé par plus de 4.000 messages à caractère raciste sur les réseaux sociaux lors de la saison 2014-15.

jeudi 19 janvier 2017

Le prix du plus grand menteur 2016 décerné à Robert Ménard

Chaque année depuis 2014, plusieurs journalistes politiques décernent le prix du plus grand menteur de l’année. Pour 2016, c’est Robert Ménard, le maire de Béziers (Hérault) qui a raflé le prix.



Pour Thomas Guénolé*, le fondateur de ce prix, l’objectif est le suivant : « cette distinction est décernée avec humour pour inciter la classe politique à moins mentir, pour sensibiliser le journalisme politique à l’importance du fact-checking, et pour encourager le grand public à vérifier la véracité de ce que dit le personnel politique ».

Résultat, cette année, le prix a été décerné ce mercredi à Robert Ménard “pour son incroyable constance dans le mensonge lorsqu’il évoque l’immigration”, précise le site. Et les journalistes de rappeler certaines informations erronées relayées par le maire : un festival de musique dont une zone aurait été réservée aux femmes pour les protéger des migrants, le turc et l’arabe enseignés à la place du français à l’école, l’immigration composée à 40% du regroupement familial et à 75% de Maghrébins et de Turcs.

Mais Robert Ménard n’est pas le seul à être épinglé par le site. Le vote ayant été très serré entre Robert Ménard et Manuel Valls, les  journalistes ont décidé de créer la catégorie “premier dauphin” pour l’ancien locataire de Matignon, sur le modèle du concours « Miss France », ironise Thomas Guénolé. Manuel Valls est ainsi primé “pour son retournement de veste spectaculaire en devenant candidat à la primaire du PS”, ce qui lui a fait changer trop vite d’avis sur des sujets essentiels pour être jugé sincère par ces observateurs de la vie politique.

Voici le palmarès complet :
  •     Prix spécial du jury pour l’ensemble de sa carrière : Nicolas Sarkozy
  •     Prix « Un certain regard » pour des mensonges particulièrement absurdes ou bizarres : Christian Estrosi
  •     « Prix Jacques Dutronc » du plus beau retournement de veste : François Fillon
  •     Prix du « Naufrage en politique » : Maud Fontenoy
  •     Prix du « Grand Remplacement » : Jean-Pierre Chevènement
  •     Prix du Jeune espoir, meilleur menteur de moins de 45 ans : Nicolas Bay et Florian Philippot
  •     Prix du meilleur menteur politique à l’étranger : Donald Trump

A noter que Robert Ménard succède à Marine Le Pen élue pour l’année 2015.

Le détail, les justifications sont à retrouver sur le site de Thomas Guénolé.



* Thomas Guénolé est politologue, il enseigne à Sciences Po Paris, à l'Université Panthéon-Assas et à l'Université Paris-Est Créteil.

jeudi 5 janvier 2017

Plus que 2 jours pour participer à l'opération transparence dans le logement !

Il ne vous reste que jusqu'au 7 janvier pour vous exprimer, critiquer, proposer afin d'améliorer la politique logement de l’État, de votre région, de votre département, de votre ville ...




Pour mettre fin à l'opacité des attributions, au clientélisme, aux discriminations nous avons proposé qu'au niveau local :

  • Soit rendue publique la liste et les caractéristiques des logements qui se libèrent,
  • On permette aux demandeurs de logement de se porter candidat sur les logements libérés,
  • Soit rendues publique les motivations des décisions de désignation des dossiers en commissions,
  • Soit rendue publique la liste et les caractéristiques des logements attribués et la motivation des décisions d'attribution,
  • Soit rendus publique les audits des services logements des mairies,
  • Soit rendue publique la gestion du parc Dalo déléguée par les préfectures aux maires,
  • Soit rendus publique différents indicateurs (dossiers en souffrance depuis plus de x années (x étant la moyenne d'attribution locale), la raison de la présence de ces dossiers en souffrance depuis un temps "anormalement" long, ...

Alors comme nous, rendez-vous sur le portail d’information et d’action www.transparence.logement.gouv.fr

Voyage en Israël, un collectif citoyen demande des comptes à Christian Estrosi

Le voyage de Christian Estrosi en Israël, il y a quelques jours, suscite l'indignation générale. 

De nombreux élus d’opposition ont dénoncé ce voyage indigne. Une pétition sur le site Change.org à l'initiative des habitants* de la région PACA (qui a recueilli déjà plus de 14 000 signatures) prend le relais et réclame le retour des 50 000 euros accordés à l’association KKL un organisme paragouvernemental actif à Jérusalem-Est annexé et sur le plateau du Golan annexé qui soutient la colonisation dans les territoires occupés. 



Le texte de la pétition :

C'est avec grand étonnement que nous avons pris connaissance de l'annonce par Christian Estrosi, Président de la région Provence Alpes Côte d'Azur, d'un don de 50 000 € par la région au fond national juif -KKL- connu pour son activité coloniale.

Nous, contribuables azuréens, ne nous reconnaissons pas dans la mégalomanie d'un homme qui a force de cumuls, ne cesse de dépasser ses prérogatives.

Au lendemain du vote du conseil de sécurité de l'ONU adoptant la résolution 2334 dénonçant les colonies Israéliennes et qui exige de nouveau d’Israël l'arrêt immédiat et complet de toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, mais assure également ne reconnaître aucune modification aux frontières définies le 4 juin 1967.

Voici qu'un élu français, par sa seule personne, estime contre-balancer la position diplomatique de la France.
Au delà de son pouvoir symbolique ce vote marque et manifeste un courage politique, celui que Christian Estrosi a définitivement perdu.

Malgré ses gesticulations médiatiques dues à son manque de visibilité, nous ne laisserons pas Christian Estrosi utiliser notre argent pour financer des projets illégaux et piétinant le droit international, et la dignité du peuple Palestinien.
Il portera seul la responsabilité de ses poignées de mains ensanglantées.
C'est d'ailleurs une tradition Niçoise, puisque le 6 mai 1974 au lendemain du vote au conseil de sécurité de l'ONU qui qualifiait le régime d’apartheid Sud Africain de crime contre l'humanité, l'ancien maire de Nice Jaques Médecin signait un jumelage avec le Cap alors espace d'apartheid.
Quelques décennies plus tard les mêmes procédés perdurent.
Les noms changent mais l'oppression reste la même.
L'impunité politique persiste mais la résistance s'organise.

Nous ne céderons pas un iota de ce que le droit permet.
Pour notre dignité et celui du peuple palestinien, nous irons au bout.

#BringBackOur50000Euros

à retouver ici.


Parmi les réactions ...



* DES CITOYENS POUR LA DIGNITÉ ET CONTRE L'OPPRESSION