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jeudi 23 juin 2016

La France, ce pays qui passe tout à Balkany et rien à Benzema

Bien que frappé par quatre mises en examen, le député-maire de Levallois, Patrick Balkany, a reçu l'investiture Les Républicains en vue des législatives de juin 2017. S'il était Karim Benzema, aurait-il été sélectionné pour l'Euro ? Non. La politique est-elle devenue moins exigeante que le football ?


Par Bruno Roger-Petit publié sur Challenges le 22/06/2016


Balkany est plus fort que Benzema. Et la politique moins regardante que le football dans la sélection de ses élites. Pour une mise en examen, Karim Benzema n’a pas obtenu l’investiture de Didier Deschamps en équipe de France afin de pouvoir se présenter à l’Euro. Avec plusieurs mises en examen, Patrick Balkany obtient celle de Les Républicains et sera candidat aux prochaines élections législatives de juin prochain.

C’est un bien étrange pays à la fin que la France de ce début de 21e siècle. On s’y empoigne ferme dès qu’il s’agit de football, patriotisme et souverainisme en bandoulière, projetant sur l’équipe de France et ses footballeurs, toutes les passions françaises de l’époque, à l’image d’Alain Finkielkraut, Nicolas Sarkozy et bien d’autres, saisis d’effroi dès qu’un footballeur, Anelka ou Benzema, Ribéry ou Nasri, se laisse aller à un dérapage plus ou moins grave, de gros mots prononcés dans un vestiaire à l’éventuelle participation à une mise en examen pour chantage dans une affaire de Sextape en passant par une grève de joueurs lors d’une Coupe du Monde ou des injures adressées à un journaliste lors d’un Euro, mais on se tait quand Patrick Balkany y est investi une nouvelle fois par son parti pour une élection législative. Curieuse hiérarchie des indignations.

Président de la République, Nicolas Sarkozy était le premier à dénoncer le comportement d’Anelka en 2010, Président de Les Républicains, il laisse Patrick Balkany, son vieil ami de trente ans, son vieux complice des Hauts-de-Seine, repartir à la conquête d’un nouveau mandat de député de la nation, lesté de multiples mises en examen.

Le CV judiciaire de Patrick Balkany est riche. Fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale, corruption passive et déclaration mensongère… Les mises en examen se sont accumulées sur la tête du député maire de Levallois-Perret. Il en compte aujourd’hui quatre au compteur. A ce palmarès, il faut ajouter l’ensemble de l’œuvre politique de l’intéressé, dont le nom apparaît dans l’affaire des Panama Papers, entre autres sujets de discussion possibles.

Extinction des lumières sur les questions qui fâchent

On ne compte plus, par exemple, les séances de question au gouvernement à l’Assemblée ou de conseil municipal à Levallois ayant offert au personnage Balknay l’idée qu’il se fait de la dignité de l’élu du peuple, local ou national dans l’exercice de son mandat.

En juin 2015, par exemple, confronté à des questions embarrassantes de son opposition locale sur le cas du judoka Teddy Riner, licencié d’un club de judo de Levallois (touchant 6 millions de subventions municipales sur un budget total de 10 millions), et salarié à hauteur de 413.000 euros par an, Patrick Balkany avait clos les débats à sa façon. Après avoir décrété que ses contradicteurs ne connaissaient rien au sport, il avait interrompu la séance du conseil en s’en allant et en éteignant lui-même les lumières de la salle. Fin des débats. Et tant pis pour la démocratie, la transparence et une certaine idée du rôle de l’élu.

Ainsi va Patrick Balkany depuis qu’il est Patrick Balkany. Toujours border line, mais toujours élu et réélu, même après une période d’inéligibilité infligée par la justice au milieu des années 90 pour cause de « prise illégale d’intérêts » (il usait des services domestiques d’employés municipaux à domicile). Dès le début des années 2000, il avait récupéré mairie et circonscription. Sans que son cas ne fasse l’objet d’un débat national. 

Patrick Balkany a de la chance. Il n’est qu’élu de la République, pas avant-centre de l’équipe de France de football. Quatre mises en examen ne sauraient suffire à lui barrer l’accès à l’équipe Les Républicains qui disputera le tournoi des Législatives 2017. Les mises en examen ou la répétition des comportements grossiers, voire vulgaires, ne s’affichent pas à la Une de l’Equipe, où dans les débats permanents montés par les chaines d’information généralistes ou sportives, mais dans quelques articles, ici et là, repris par quelques-uns, sur les réseaux sociaux. Le cas Balkany n’intéresse pas au-delà d’un cercle de moralisateurs qui pensent encore que la politique est un art qui devrait s’exercer dans un cadre éthique préservé et intransigeant. Force est de constater que ce cercle-là est aujourd’hui inaudible.

Le football est plus important que la politique, et le footballeur plus exemplaire que le politique. Ici se mesure un drame français. Les acteurs de la vie publique en sont rendus à un tel point de discrédit que le cas Balkany n’indigne pas. Alain Finkielkraut s'en fiche de Balkany, il préférera toujours accabler Nasri, ou Benzema. Tout passe, et tout lasse depuis longtemps...

Des casseroles en tout genre

Les Français n’attendant plus rien de la politique, peu leur importe que Balkany cumule les casseroles en tout genre, judiciaires, politiques et médiatiques… Y compris les électeurs de Levallois, qui l’élisent et le réélisent depuis des années… Mais qui sont-ils ces électeurs-là, quelle idée ont-ils d’eux-mêmes pour être à ce point inaccessibles à toute considération éthique?

La tolérance à l’égard de Balkany, de ses électeurs comme des commentateurs, qui regardent ailleurs, est le signe qu’une certaine forme de mithridatisation de l’opinion aux errements des politiques paraît acquise. Balkany est investi, et il ne se trouve plus de Philippe Seguin pour dire tout le mal qu’il pense de cette mithridatisation, comme en 2001 face au cas Tibéri, candidat plébiscité dans le Ve arrondissement de Paris alors même qu’il était empêtré dans d’interminables affaires, entre faux-électeurs ou office HLM de la ville de Paris.

Il faut s’y faire. Ou pas. Les commentateurs du spectacle de la vie publique préfèrent se concentrer sur les footballeurs, Benzema ou Pogba, plutôt que sur Balkany. Et d'assister à cet étrange spectacle médiatique où l’on voit des gens s’interroger, des heures et des heures d’antenne durant, sur l’opportunité de sélectionner ou non l’avant-centre du Real Madrid, ou sur le degré de gravité d'un geste d’humeur de Paul Pogba. 'Il a fait un bras d’honneur'. 'C’est horrible'. 'Une atteinte à l'honneur national'. 'Une tragédie'. On ne sait ni à qui, ni pourquoi, mais on sait que c’est insupportable. Deschamps doit-il le conserver, ou pas? Qu'en pensent Alain Finkielkraut, Daniel Cohn-Bendit? Vite. Débattons de l'essentiel. En revanche, le débat Balkany, lui, n’aura pas lieu…

En France, en 2016, il vaut mieux être Balkany que Benzema. Ou Pogba. Quand un pays espère plus de ses footballeurs que de ses politiques, peut-on dire que ça va mieux?


Article à retrouver sur le site Challenges ici

jeudi 9 juin 2016

Casier judiciaire des élus ...


Guillaume Meurice s'est intéressé au casier judiciaire, qui interdit l'accès à de nombreuses activités... sauf la politique. Une pétition tourne, à l'initiative de Philippe Pascot, contre cet état de fait. Mais qu'en pensent les députés ?





"Pourquoi aujourd'hui, pour être fonctionnaire, pompier, agent de sécurité, chauffeur de taxi, gendarme, avocat... il faut un casier judiciaire vierge et pour être élu ou réélu il ne le faut pas?" 
Philippe Pascot

Pour l’interdiction aux détenteurs d'un casier judiciaire d'effectuer un mandat électoral
>>> Retrouvez la pétition en ligne




 


Adjoint au maire d'Évry (Manuel Valls), ancien conseiller régional, chevalier des Arts et des Lettres, Philippe Pascot milite pour une réelle transparence de l'exercice politique.
Il est l'auteur avec Graziella Riou Harchaoui de Délits D'élus, tome 1, 400 politiques aux prises avec la justice, Pilleurs d'Etat et du Goudrons et des Plumes (Max Milo).




mercredi 1 juin 2016

Quand Pemezec espionne ses administrés ...

Quels sont les pouvoirs du maire ? Jusqu'où peut-il aller ? Le maire a t-il tous les pouvoirs ? Espionner ses administrés fait-il partie des prérogatives du maire ?



Voici une énième affaire Pemezec révélée par un document que ce dernier ne pensait certainement pas être dévoilé et rendu public.

Il s'agit d'une lettre dans laquelle il cherche en toute illégalité à obtenir auprès d'un employeur des informations privées concernant un habitant du Plessis-Robinson.

Cette lettre a été communiquée à ce salarié par le responsable du Comité d'Entreprise interloqué par une telle demande. Il va sans dire que cette entreprise n'a pas donné suite à la demande de ce triste personnage.

Ce document en dit long sur les pratiques "barbouzardes" et autres mensonges du maire du Plessis-Robinson

 



Monsieur le Directeur Général,

J'appelle votre attention sur la situation de l'un de vos ingénieurs, Monsieur        , à la recherche d'un logement plus grand dans des immeubles présentant un certain standing.

En effet, la commune du Plessis-Robinson n'est ni gestionnaire, ni propriétaire de logements sociaux et les missions du service logement municipal s'organisent autour de l'enregistrement des demandes de logement, l'instruction des dossiers et l'intervention auprès des différents réservataires et bailleurs sociaux.

Deux propositions de logements sociaux lui ont été faites par l'Office public départemental de l'habitat des Hauts-de-Seine, auxquelles il n'a pas donné de suite favorable.

Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir me confirmer si dans le cadre du 1% patronal, votre employé a déjà bénéficié d'une ou de plusieurs propositions de logement.

Dans le cas contraire, je sollicite votre bienveillante attention pour l'étude de la situation de Monsieur         .

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur Général, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Philippe Pemezec



Logement de standing ?

Monsieur Pemezec qu'est-ce qu'un logement de standing selon vous ? Votre proposition dans un immeuble dégradé de Fontenay-aux-Roses (ici) en était-ce un ?
D'aucuns vous diront que si vous voulez un appartement de standing allez (à la faveur de l'accession à la propriété) chercher du côté de la rue des Sapins et une fois revendu du côté de la rue de Sceaux ...

Question

Comment imaginer que vous monsieur Philippe Pemezec qui
  • avez en tant que maire "la main" sur l'ensemble des logements sociaux dont la ville est réservataire,
  • êtes en 2013 vice-président du conseil général des Hauts de Seine en charge notamment de l'égalité des chances,
  • êtes en 2013 administrateur de Hauts-de-Seine Habitat
en veniez à demander à un employeur dont ce n'est pas la fonction de loger un de vos administrés ?

C'est émouvant de voir à quel point monsieur Pemezec vous vous souciez du bien-être de vos administrés. Ecrivez-vous de la sorte à l'ensemble des employeurs des 1551 familles en attente d'un relogement au Plessis-Robinson ?

Mensonge

Contrairement à ce que vous écrivez monsieur Pemezec la ville du Plessis-Robinson est bien propriétaire de logements. La Plessis-Robinson possède une partie des 136 logements détenus par la Sempro. La Sempro est une société d'économie mixte (SEM) et à ce titre 50 à 85 % du capital de cette société appartient à la ville du Plessis-Robinson  (voir ici).

Atteinte à la vie privée
J'appelle votre intention sur la situation de [...] Monsieur XXXX, à la recherche d'un logement ...
Serait-il concevable dans votre esprit monsieur Pemezec que vos administrés ont droit à une vie privée et qu'ils ne souhaitent pas par exemple que leur employeur sache qu'ils sont à l'étroit dans leur appartement et qu'ils souhaitent déménager ? 


Un petit rappel à la loi
« Le fait, par toute personne qui a recueilli, à l'occasion de leur enregistrement, de leur classement, de leur transmission ou d'une autre forme de traitement, des données à caractère personnel dont la divulgation aurait pour effet de porter atteinte à la considération de l'intéressé ou à l'intimité de sa vie privée, de porter, sans autorisation de l'intéressé, ces données à la connaissance d'un tiers qui n'a pas qualité pour les recevoir est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 € d'amende.
La divulgation prévue à l'alinéa précédent est punie de trois ans d'emprisonnement et de 100 000 € d'amende lorsqu'elle a été commise par imprudence ou négligence 
».
Code pénal Art. 622-22.

Barbouzeries
[...]. Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir me confirmer si dans le cadre du 1% patronal, votre employé a déjà bénéficié d'une ou de plusieurs propositions de logement ?
Monsieur Pemezec de quoi je me mêle ???


Hypocrisie
Dans le cas contraire, je sollicite votre bienveillante attention pour l'étude de la situation locative de Monsieur ...
Monsieur Pemezec vous prenez les gens pour des imbéciles ... Vous êtes lamentable, pitoyable !


Nous répondons à tous les courriers ... dixit Philippe Pemezec

Monsieur Pemezec nous attendons toujours une réponse à notre demande d'explication envoyée il y a plus d'un an ...


Monsieur Pemezec, gérez de façon républicaine le bien commun !
 
  • Rendez publique la liste des logements qui se libèrent et permettez aux Robinsonnais de se porter candidat, 
  • Prenez enfin en compte le numéro unique d'enregistrement garant du dépôt d'un dossier de demande et de son ancienneté,
  • Rendez publique après chaque commission départementale la liste des logements attribués au Plessis-Robinson,
  • Associez l'opposition et/ou les Robinsonnais aux décisions des commissions de désignation,
  • Motivez les désignations de dossiers en commission d'attribution,  
  • Rendez publique de façon régulière la liste des dossiers de demandeurs en attente de plus de 4 années,
  • Expliquez les raisons de la présence de ces dossiers en souffrance depuis un temps "anormalement" long,
  • Rendez publique votre gestion du parc Dalo dont la Préfecture vous a confié la gestion,
  • ...


Source du nombre de logements détenus par la Sempro et du nombre de demandeurs de logements au Plessis-Robinson  :