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mercredi 11 décembre 2013

Attractivité des quartiers du Plessis-Robinson

On peut à la lecture des prix de location et de vente des logements (déc 2013) avoir une idée de l'attractivité des différents quartiers du Plessis-Robinson :

Loyer au m2

Prix au m2


lundi 9 décembre 2013

Logement social au Plessis-Robinson : la CADA nous donne raison !

Depuis mai dernier Philippe Pemezec Maire de la ville du Plessis-Robinson prétextant une demande peu claire refusait de nous communiquer la liste des logements sociaux dont la ville est réservataire. 
Aujourd'hui la CADA (Commission d'Accès Aux Documents Administratifs) estimant quant à elle la demande claire et légitime, vient contredire dans son avis le refus opposé par P. Pemezec.




Ces documents viendront sans aucun doute sous réserve qu'ils soient effectivement communiqués, lever un peu l'opacité des pratiques de la ville en matière d'attribution des logements sociaux. 

A suivre ...



Scénario d'une demande de communication d'un document administratif :



vendredi 6 décembre 2013

Hommage à Nelson Mandela (1918-2013)

Premier président noir de l'Afrique du Sud, Prix Nobel de la Paix, "Madiba" a marqué le monde par son combat, sa personnalité et son charisme.


Brillant étudiant et militant politique


Le destin de Nelson Rolihlahla Mandela bascule alors qu’il n'a que 7 ans et qu’il est scolarisé pour la première fois. Premier enfant de la famille à entrer à l’école, il se révèle brillant et poursuit son parcours jusqu'à ses études de droit à Fort Hare. Sur les bancs de l’université, il rencontre Oliver Tambo qui deviendra un ami fidèle et un soutien précieux dans sa lutte.

A l’université, son esprit politique s'affine à la lecture de la doctrine pacifiste de Gandhi. Il devient membre du Conseil représentatif des étudiants et appelle au boycott du règlement. Il est expulsé en 1940 de la faculté après avoir participé à une grève des étudiants. Il quittera précipitamment le Transkei, sa région natale pour fuir, vers Johannesburg, un mariage forcé organisé par sa famille. Ayant terminé sa licence par correspondance, il entame un nouveau cycle de droit à l’université du Witwatersrand.


Nelson Mandela en 1950


Premier pas au Congrès National Africain


En 1944, Nelson Mandela rejoint le Congrès National Africain. Au sein de l’ANC, il adhère à la Ligue de jeunesse, menée par ses amis Oliver Tambo et Walter Sisulu qui appellent à la lutte contre la ségrégation raciale dont les lois tendent à s’étendre sur tout le territoire sud-africain.
Le Parti National, exclusivement afrikaner, arrive au pouvoir en 1948. L’Apartheid commence. Devant les multiples lois ségrégationnistes votées par le régime, Nelson Mandela redouble de ferveur dans son opposition au gouvernement. Il travaille alors dans un cabinet d’avocat qu’il crée avec quelques amis et dans lequel il reçoit les plus pauvres pour leur donner des conseils juridiques.




En raison de son activité politique militante, il est arrêté en 1956 avec 150 autres personnes pour acte de trahison. Il sera acquitté quatre ans plus tard, en 1961. Entre temps, le 21 mars 1960, le massacre de Shaperville durant lequel 79 personnes, dont plusieurs femmes et enfants, sont tués par des policiers, marque un tournant dans l’action politique de Nelson Mandela. Il arrête la lutte pacifique et fonde Umkhonto we Sizwe, un groupe qui prône la lutte armée contre le régime.

Emprisonné pendant 27 ans à Robben Island


Début 1962, il sort clandestinement d’Afrique du Sud pour se rendre en Ethiopie, puis en Algérie où il sera formé au combat. Après un bref passage par Londres, il rentre le 5 août. Quelques jours après, il est condamné à 5 ans de prison pour ses activités politiques. La même année, il épouse Winnie, sa deuxième femme, ferme militante politique elle aussi, qui le soutiendra pendant ses années de prison. Il est ensuite condamné à perpétuité, en 1964.

La liberté ne se marchande pas. Votre liberté et la mienne sont inséparables. Nelson Mandela


Nelson Mandela est emprisonné sur l’île de Robben Island pendant 25 ans. Sa captivité n’adoucira pas sa volonté politique et au fur et à mesure des années, sa personnalité dépasse les frontières de l’Afrique du Sud et recueille le soutien de la communauté internationale qui pousse le gouvernement à en finir avec l’Apartheid.


La rupture avec Frederik De Klerk

De Klerk arrive au pouvoir en 1989. C’est lui qui autorise la première libération de Nelson Mandela. Il quitte Robben Island pour rejoindre une résidence surveillée. En février 1990, Frederik de Klerk annonce, lors d’un discours au Parlement, sa libération définitive. Il décrète également la fin de l’interdiction de l’ANC et l'abolition de la dernière loi contre l’Apartheid en 1991. Nelson Mandela et Frederick De Klerk travaillent désormais ensemble pour reconstruire le pays. En 1993, le comité Nobel les choisit tous les deux pour partager le prix Nobel de la paix. Les évènements s’enchaînent très vite. En avril 1994, les premières élections démocratiques sont organisées, l’ANC l'emporte et Nelson Mandela devient le premier président noir d’Afrique du Sud. Frederik De Klerk et Thabo Mbeki se partagent la sous-présidence. L’Afrique du Sud est dirigée par un gouvernement d’union nationale avec la participation des Zoulous et du Parti National.

L’Afrique du Sud trouve sa place sur la scène internationale
Nelson Mandela révèle l’Afrique du Sud aux yeux du monde. Le pays retrouve sa place au niveau international et le président est souvent appelé par les pays voisins pour tenir un rôle de médiateur dans les conflits. Dans le pays, les Sud-Africains gardent toujours les cicatrices de nombreuses années d’Apartheid. Le président crée alors la commission « Vérité et Réconciliation » chargée de recueillir tous les témoignages de crimes et actes de violence commis par la police, le gouvernement et les mouvements de libération.



Thabo Mbeki reprend la présidence de l’ANC en 1997. Puis Mandela, alors âgé de 81 ans, quitte définitivement la politique. En 1999, Thabo Mbeki devient le nouveau président sud-africain.


Derniers combats


S’il met un terme à sa carrière politique en Afrique du Sud, il reste toujours une icône mondiale de la paix et la liberté. Il profite de sa retraite pour rédiger ses mémoires « Un long chemin vers la liberté » et se consacre à de nombreuses œuvres par le biais de sa fondation, notamment à la lutte contre le sida, un tabou dans la société sud-africaine. Le Sida, une maladie dont son fils Makghatho est mort.

Lors du centième anniversaire du parti qui l’a porté au pouvoir, Nelson Mandela est trop faible pour assister aux manifestations organisées à cette occasion. A 93 ans, l’indétrônable plus célèbre des Sud-Africains au monde assiste, en retrait et impuissant, aux difficultés que traverse son parti et à la crise qui affecte le pays.

L’Afrique du Sud est désormais un pays normal avec une inégalité sociale normale.
Nelson Mandela  n’est plus là mais l’Afrique du sud tourne. La justice et la réconciliation restent à jamais exemplaire.



Reportage: L'histoire de Nelson Mandela - Fr 2013


lundi 2 décembre 2013

Du racisme anti-blanc ...



Aamer Rahman (Bengali: আমার রহমান; born 17 October 1982) 
is an Australian stand-up comedian of Bangladeshi descent.



dimanche 1 décembre 2013

Voter, un devoir moral





Nous devons toutes et tous, jeunes et moins jeunes assumer quotidiennement notre devoir de citoyen. 
C'est notamment respecter les autres mais aussi se faire respecter.

Nous devons participer au  développement de notre société et autant que possible la faire évoluer dans le bon sens. 
Nous devons travailler à une société plus juste.

Pour cela il faut s'engager politiquement. Et cet engagement commence par l'inscription sur les listes électorales. Voter c'est posseder le pouvoir de sanctionner les politiques quand il font mal et les encourager quand il font bien.


Par ce vote nous leur donnons ou leur retirons le pouvoir de gérer notre quotidien. Aussi s'inscrire sur les listes électorales et voter le jour J deviennent un devoir politique, un devoir citoyen, un devoir moral. D'aucuns diront même qu'il s'agit d'un devoir religieux.

Il ne nous reste plus que quelques jours pour nous inscrire sur les listes électorales; après quoi il sera trop tard. Nous deviendrons alors des demi-citoyens. Les politiques pour la plupart ne nous considérerons pas faute de les avoir considéré en nous inscrivant sur les listes électorales et en leur montrant notre carte d'électeur. 

Il faut le savoir, tous les états-majors des partis politiques mais également les maires examinent avec une attention toute particulière les listes d'émargement et notent avec minutie ceux qui se déplacent et ceux qui ne se déplacent pas pour voter.

Enfin bon nombre de politiques sans oser le dire bien entendu rêvent vous voir vous abstenir de voter. Ne leur faites pas ce plaisir ! 

Les prochaines élections municipales auront lieu les 23 et 30 mars 2014. 


Les inscriptions sur les listes électorales ne sont plus possibles après le 31 décembre. Pour s'inscrire le plus simple est de se déplacer en mairie avec le formulaire d'inscription (téléchargeable ici), une pièce d'identité et un justificatif de domicile.

Plus de détails sur les modalités d'inscription ici.


jeudi 14 novembre 2013

De l'empowerment ... ou du pouvoir d'agir


L'empowerment, une pratique émancipatrice


Marie-Hélène Bacqué, Carole Biewener - Essai.
Paru en 01/2013


Attention, livre important pour celles et ceux qui questionnent l'incapacité des politiques et des experts à répondre aux défis de notre époque troublée. Et qui s'interrogent sur la façon dont les citoyen(ne)s peuvent construire des alternatives. Ce questionnement est en effet à l'origine, dans les Etats-Unis d'après guerre, du concept d'empowerment, désignant le "pouvoir d'agir" des individus et des collectifs.

Ce concept a connu depuis un succès planétaire dans le monde anglophone. Mais il n'a percé que plus récemment dans les autres espaces culturels, dans les milieux du travail social comme dans la littérature du management. D'où l'utilité de ce livre très pédagogique, qui synthétise la foisonnante littérature anglophone sur la notion d'empowerment.

Il retrace sa genèse, l'histoire de ses multiples variantes - conservatrices ou progressistes - et celle des pratiques sociales quelles ont nourries. Des mouvements féministes du Nord et du Sud jusqu'aux programmes de la Banque mondiale et de l'ONU, la notion est utilisée aussi bien dans une perspective radicale d'émancipation que pour conforter les visions néolibérales ou social-libérales. Défendant résolument sa version émancipatrice, les auteures en expliquent les limites, mais aussi l'importance pour éclairer les débats contemporains sur la démocratie.





Être radical
Manuel pragmatique pour radicaux réalistes
Saul ALINSKY
Préface de Nic Görtz et Daniel Zamora
Traduit de l'anglais par Odile Hellier et Jean Gouriou
Édition revue par Hélène Hiessler et Daniel Zamora














«Ce livre s'adresse à ceux qui veulent changer le monde. Si Machiavel écrivit Le prince pour dire aux riches comment conserver le pouvoir, j'écris Être radical pour dire aux pauvres comment s'en emparer.» 
Saul Alinsky

Après avoir étudié la sociologie et la criminologie à Chicago où il travailla sur la mafia d'Al Capone et ses techniques organisationnelles, Alinsky (1909-1972) s'est consacré à l'organisation politique des habitants les plus pauvres de Chicago à des fins émancipatrices. De sa pratique, il a tiré des conclusions, des recommandations passionnées et une méthode qu'il a systématisée dans ce livre phare, Être radical, publié pour la première fois en 1971.
Rédigé dans un climat social et politique explosif aux USA (Black Panthers, radicalistation des campus universitaires, luttes dans les ghettos, Weather Underground, grèves), ce livre assurera à Alinsky bien des adeptes aux USA, dont un certain Barack Obama.
Être radical donne aux  radicaux des clés pour opérer une transformation sociale constructive et comprendre «la différence entre un vrai radical et un radical de papier».

«L'esprit d'Alinsky est bien vivant au sein de tous ces groupes militants actifs dans d'innombrables domaines, jusqu'au récent mouvement Occupy Wall Street.» 
Noam Chomsky

jeudi 7 novembre 2013

Il y a 100 ans naissait Albert Camus ...

Albert Camus, un centenaire très discret

(Sarah Leduc France24)

Albert Camus aurait eu 100 ans ce 7 novembre. S’il est l’un des écrivains français les plus lus et les plus traduits, aucune célébration officielle n’est organisée en France. L’auteur de "l’Étranger" continue de susciter la polémique.



"Aujourd'hui maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas". "L’Étranger" livre ses premiers mots, nous plongeant dans l’absurdité d’un monde tendrement indifférent tandis qu’Albert Camus entre avec ce roman, écrit à 29 ans, dans le prestigieux panthéon de la littérature française. Il y a cent ans Camus est né, on le sait. Et il n’est un étranger pour personne ou presque. Prix Nobel de littérature à 44 ans seulement, il est probablement l’un des auteurs français les plus lus en France et les plus traduits dans le monde.
Pourtant, pas de commémoration officielle en France, pas d’hommage national en cette journée anniversaire pour l’auteur de "L’Homme révolté", "La Peste" ou le "Mythe de Sisyphe". Tandis que son centenaire a donné lieu à des célébrations aux quatre coins du globe – Inde, Jordanie, Mexique, Argentine, Chili – l'Hexagone le boude.

L’Algérie au cœur du débat
Le Centre George Pompidou et la Bibliothèque nationale ont refusé d’accueillir toute manifestation. Et la grande exposition hommage "Albert Camus: l'homme révolté", qui devait être un événement phare de Marseille-Provence Capitale européenne de la Culture 2013 (MP 2013), a finalement été annulée après trois ans d’intrigues politico-culturelles et de rebondissements. Suite à l'éviction de l'historien Benjamin Stora et l'abandon du philosophe Michel Onfray, le Nobel doit se contenter d’une exposition moins ambitieuse "Albert Camus, citoyen du monde", confiée finalement à un collectif de scientifiques, historiens et philosophes.
Cette annulation est symbolique du "malaise" Camus. La ville d'Aix-en-Provence s'est heurtée à une polémique autour des positions de l'écrivain pendant la guerre d'Algérie, où l'écrivain est né le 7 novembre 1913. Albert Camus a toujours refusé l’idée d’une Algérie indépendante, pensant que l’ère des nationalismes était révolue. Il dénonçait pourtant l'injustice faite aux musulmans, comme la caricature du pied noir exploiteur ; disait souhaiter la fin du système colonial mais avec une Algérie toujours française.
Contradictoire pour le profane, Benjamin Stora, historien spécialiste de la guerre d'Algérie, éclaire la position polémique de l’auteur dans un billet publié sur le Huffington Post (cf ci-dessous): "Il [Camus] ne sera pas un "indépendantiste" pour l'Algérie, parce que refusant le sort pouvant être refusé aux siens. (…) Pour autant, il ne franchit pas le Rubicon et refusera l'indépendance donc, la séparation. Il fait l'effort de la traversée pour jeter des ponts, non pour séparer. (…) Mais avec la guerre d'Algérie, l'histoire s'accélère, l'urgence politique entre en contradiction avec l'élan de Camus vers la compréhension réciproque, la réconciliation."



"Un petit penseur poli"
Déjà de son vivant, il soulevait les passions. Sa courte existence, achevée en 1960 dans un accident de voiture, aura été émaillée de fougueuses amours et intarissables haines. Celui qui aurait voulu lutter contre toute forme de violence et défendait la coexistence pacifique en a payé les frais : beaucoup de ses contemporains lui reprochaient d’être "un petit penseur poli".
Au premier rang de ses adversaires, Sartre et "Les Temps modernes". En 1957, quand Camus reçoit le Nobel, devenant ainsi le plus jeune lauréat français de la prestigieuse récompense, il est plus que jamais détesté et moqué. Lorsqu'il l'apprend, Sartre – qui refusera le prix quelques années plus tard - le tance d’un "C’est bien fait !" François Mauriac pique et touche, écrivant sur Camus : "Ce Sisyphe ne roulait pas son rocher. Il grimpait dessus et, de là, piquait une tête dans la mer..."
Aujourd’hui, Camus continue de  susciter passion et polémiques, "essentiellement quant à son rapport à l'Algérie", selon Benjamin Stora, interviewé dans les colonnes du Figaro : "Certains en Algérie ne lui pardonnent pas d'avoir pensé que celle-ci pouvait rester fédérée à la France. (…) Et puis on reproche aussi à Camus d'avoir été lucide avant tout le monde sur l'échec des grandes idéologies collectives révolutionnaires. Ceux qui se sentent orphelins de ces idéologies lui en veulent sans doute".

Irrécupérable Camus
Difficile donc de récupérer Albert Camus. Et pourtant beaucoup ont tenté de se réapproprier l’homme libre. Nicolas Sarkozy a tenté, en vain, en 2010, de faire transférer sa dépouille du cimetière de Lourmarin, en Provence, au Panthéon laïc des grands hommes à ParisSes enfants s’y sont opposés, craignant "une récupération politique", selon le fils, Jean Camus. Une panthéonisation posait la question du consensus. Il n’a jamais été trouvé.
Aurélie Philipetti se déplacera vendredi 8 novembre à Lourmarin où l’auteur est toujours enterré, donc. Interrogé par l’AFP, cette fine connaisseuse de l’auteur estime "que ce qui est beau chez Camus pour les jeunes générations, c'est quelque chose qui peut être appliqué à soi-même et en même temps donner un élan collectif." C’est justement l’élan collectif qui manque ici.


Pour aller plus loin


Camus aujourd'hui  par Benjamin Stora
(Huffington Post 21/03/2013)

L'œuvre, l'itinéraire d'Albert Camus sont revenus en force sur le devant de la scène culturelle et politique. Et la sortie en salles du film de Gianni Amélio, adapté du livre de Camus, Le Premier homme, participe de ce mouvement général. Pourquoi, aujourd'hui, avons-nous encore tant besoin de Camus ?

De sa naissance à Mondovi dans le Constantinois en 1913, jusqu'à l'accident qui, en janvier 1960 jeta contre un arbre la Facel-Vega qui le transportait et le tua sur le coup, la vie d'Albert Camus, traversée par de longues vagues qui le portent et l'épuisent, nous intrigue, nous passionne toujours. Il y a ses liens et ses rapports conflictuels avec le communisme, et sa littérature si forte, célèbre, émouvante ; ses engagements en faveur de l'Espagne républicaine, et sa passion pour le théâtre. Camus nous intéresse encore par son refus du stalinisme, des dogmes qui enferment et appauvrissent la pensée. Et aussi, par son déchirement entre la fidélité à ses origines et le respect des principes d'égalité. Avec au centre de ses pensées, l'Algérie, sa terre natale, dont le destin le bousculera, de l'enthousiasme au désespoir.
Le Premier homme nous raconte cela. Camus évoque son univers si particulier. Sa mère, analphabète, commotionnée par la mort de son mari en 1914, a du mal à parler, s'exprimer. Sa famille vit pauvrement dans un étroit logement de Belcourt, quartier populaire à l'est d'Alger. Nous voilà encore loin de "l'assimilation" à la France, le rêve républicain d'Albert Camus. Le petit peuple des Français d'Algérie ne mêle pas profondément aux "Arabes", même si l'on se croise, se parle au marché, si l'on s'invite pour les fêtes. Même pauvres, les Européens d'Algérie ont accès à l'école communale. Dans la classe du cours moyen où Camus étudie sous la conduite de l'instituteur Germain (qui déterminera toute son existence), il y a trente-trois élèves, dont trois Algériens. En observant ces derniers, Camus apprend à distinguer la pauvreté qui est celle des Européens, et la misère que subissent les "indigènes". Mais pauvres ou miséreux, tous étaient des prolétaires et Camus ne les sépare pas. Il ne considérera jamais sa famille comme des "colons". Il se construit une vision personnelle et pragmatique de l'univers de la colonisation en Algérie. Elle lui valut des inimitiés violentes...
Il ne sera donc pas un "indépendantiste" pour l'Algérie, parce que refusant le sort pouvant être refusé aux siens. Il écrit sur la misère de la Kabylie dans le journal Alger Républicain. Pour autant, il ne franchit pas le Rubicon et refusera l'indépendance donc, la séparation. Il fait l'effort de la traversée pour jeter des ponts, non pour séparer. C'est un homme de passerelles, il n'est pas un éradicateur, attaché à une histoire méditerranéenne commune, faite de strates mêlées d'influences européennes et algériennes. Mais avec la guerre d'Algérie, l'histoire s'accélère, l'urgence politique entre en contradiction avec l'élan de Camus vers la compréhension réciproque, la réconciliation. À partir de ce moment-là, une angoisse s'installe en lui, celle de la perte de l'histoire des siens. Est-ce la raison pour laquelle il écrit Le Premier Homme, son plus grand livre, pour garder une trace de ce monde qui va disparaître ?
Camus nous intéresse aujourd'hui encore, par son effort de réconciliation des mémoires qui restent fermées les unes aux autres, dans un mélange de méfiance, de sentiment de spoliation et de refus de chacun de reconnaître ses torts. La figure de Camus peut aujourd'hui incarner d'une manière ou d'une autre ce souhait de réconciliation entre Français et Algériens.
Camus a toujours été d'une grande honnêteté intellectuelle. Il voulait transmettre, s'expliquer. Quand il ne savait plus, il s'est tu, a adopté le silence - un silence public, car il continuait d'écrire énormément de lettres et de notes. Mais historiquement, sa position dans une guerre cruelle est restée dans un entre-deux problématique. Pour cette raison, il s'est retrouvé écartelé entre des récupérations dénaturant totalement sa volonté de réconciliation.
Au-delà des polémiques qu'il suscite (en particulier sur son refus de la violence révolutionnaire), Camus reste toujours un personnage insaisissable, à l'écart parce que lui-même refusait d'être enfermé dans des catégories politiques rigides. Cette position singulière, d'étrangeté parle à la jeunesse actuelle. Nullement parce qu'il est mort à 47 ans. À cet âge-là, un peuple d'écrivains, de musiciens, de peintres, d'artistes de Van Gogh à Schubert avaient donné une œuvre parvenue à maturité. Mais Camus a quelque chose de particulier pour les jeunes. Il procède par vives découvertes suivies d'une réaction presque toujours généreuse, et des générations de lycéens, d'étudiants, ne cessent pas de s'y reconnaître et d'en être bouleversés, éveillés, révélés à eux-mêmes. La brusque mort de ce personnage célèbre renforce ce sentiment d'inachèvement, de dernier mot jamais dit, le tout fixé dans l'image très romantique d'un homme encore jeune. C'était enfin un méditerranéen avec tout ce que cela implique : aimant et aimé des femmes, solaire, émouvant, charnel. Et c'est pourquoi, l'on est si tenté de vouloir lui ressembler aujourd'hui encore.

et Camus raconté par ses proches 

mardi 29 octobre 2013

Marmaray l'Eurostar turc

En écho au précédent post sur le tramway T6 présenté au public à Velizy-Villacoublay le 20 octobre dernier, un autre événement ferroviaire cette fois à plus de 2200 km du Plessis Robinson.  Il s'agit du tunnel sous le Bosphore inauguré aujourd'hui pour les 90 ans de la république Turque.
Marmaray (c'est aussi le nom du projet) est un tunnel ferroviaire long de 14 km passant sous le détroit du Bosphore qui permet de relier en quatre minutes seulement la partie européenne d'Istanbul à sa partie asiatique.




Deux millions de personnes traversent tous les jours le Bosphore. Avec 150 000 personnes transportées chaque heure, cet Eurostar turc permettra de désengorger la mégapole Istanbul, capitale culturelle du pays.
"C'est le rêve de plusieurs siècles* qui se concrétise [...]. Nous avons prouvé que nous pouvions réaliser ce projet au sein d'une démocratie stable et solidaire. Ce projet fait aujourd'hui la fierté de la Turquie et de notre peuple."
 a déclaré à cette occasion le Premier ministre Tayyip** Erdogan.



Coût du projet : 3 milliards d'euros pour neuf années de construction. Ce projet a pris quatre ans de retard en grande partie à cause des découvertes archéologiques*** datant de l'époque byzantine sur le site du terminal européen, en 2005.

C'est Hyundai Rotem qui fournira pour 580 millions d'euros les 440 voitures du contrat. 
Certaines de ces voitures seront produites localement par Eurotem, la coentreprise formée par Hyundai Rotem et l'entreprise ferroviaire turque Tüvasas.




* L’idée de construire un passage sous le détroit avait été formulée par le sultan Abdülmecid 1er dès 1860.

** De l'arabe Tayyib qui signifie être bienveillant, dévoué, estimable.

*** Les fouilles ont montré l'existence du plus grand port de la ville au IV siècle; le Port de Théodose. Les archéologues y ont découvert des traces de la muraille de Constantin le Grand, et les restes de plusieurs navires, y compris ce qui semble être la seule galère médiévale jamais découverte. En outre, la fouille a mis au jour la plus ancienne preuve d'habitation à Istanbul, avec des ustensiles, des amphores, des fragments de poterie, des coquillages, des morceaux d'os, des crânes de chevaux, et neuf crânes humains trouvés dans un sac, qui remontent à 6000 avant JC.

lundi 21 octobre 2013

Un tramway nommé T6

Le plus long tramway de France !

Ce dimanche à Vélizy-Villacoublay, le tramway T6 ouvrait ses portes au public. Les ingénieurs de l'équipe projet présents sur place ont bien voulu répondre aux questions.

La rame du T6 qui longera en 2014 le Plessis-Robinson pourra accueillir jusqu’à 252 passagers dont 60 assis avec 14 places prioritaires. Les voyageurs pourront librement circuler entre les voitures. Le plancher bas à hauteur du quai des stations permettra l’accessibilité pour tous. Deux emplacements pour des voyageurs en fauteuils roulants ont été prévus.


À l'intérieur, la vue est maximale grâce à des grandes baies vitrées sur les deux tiers de la surface des rames. Grâce à son faible rayon de giration (10,5 m) et à son gabarit réduit, le Translohr STE6 est adapté à la géographie du tracé du parcours, passant par des rues étroites et des virages serrés. Les rames peuvent franchir des pentes jusqu’à 10 %, comme à l’entrée du tunnel du entre Vélizy et Viroflay ou à la sortie de Châtillon. Ce tramway sur pneus, conçu et fabriqué en France, est particulièrement silencieux. Il ne produit ni crissements ni vibrations.
Le T6 circule à une vitesse moyenne de l’ordre de 20 km / h, lui permettant de parcourir les 14 km qui séparent Châtillon de Viroflay en 40 min environ.
Des écrans à hauteur de regard permettent de suivre en temps réel l'information sur l'état du trafic. Enfin, l'annonce sonore des stations, l'air réfrigéré et la vidéoprotection complètent les équipements des 28 rames qui circuleront sur la ligne.

Le tracé

















Le tunnel Vélizy-Viroflay




Tramway sur pneus



Le système de guidage

Le T6 est guidé par un rail central. Le rail de guidage est implanté sur la plateforme en béton et un chariot de guidage établi un asservissement mécanique entre le rail et l’essieu du tramway. Le guidage procure une trajectoire précise au tramway et permet d’une part de limiter les marges de sécurité sur la largeur de la plateforme et d’autre part de minimiser la lacune d’accostage aux quais des stations. L’énergie électrique nécessaire est fournie par une ligne aérienne de contact, la caténaire.



Le poste de pilotage


 

Le site de maintenance et de remisage

Le Site de Maintenance et de Remisage (SMR) du nouveau tramway se trouve à Vélizy-Villacoublay. 2,5 hectares accueillent l'ateliers de maintenance, le local de lavage des rames, les locaux administratifs, le poste de commandement de la ligne et le poste de redressement électrique. Quarante personnes assureront ainsi l'entretien, la maintenance des rames et l'exploitation de la ligne. Pour  conduire ces 28 rames 7 jours sur 7 de 4h30 à 00h30 se relaieront 154 machinistes.




Avancée du projet










> Le Conseil général des Hauts-de-Seine est le coordinateur du projet.
> Les Conseils généraux des Hauts-de-Seine et des Yvelines ont en charge la maîtrise d'ouvrage de l'infrastructure et de l'insertion urbaine pour les sections du tracé situées sur leurs territoires respectifs.
> La RATP assure la maîtrise d'ouvrage du système de transport et et la construction du site de maintenance et de remisage.

Coût des infrastructures 

Ce coût est estimé à 384,08 millions d'euros HT (conditions économiques 01/2006).
Le financement est assuré par l'Etat (16%), la Région Île-de-France (50%), le Conseil général des Hauts-de-Seine (20%), le Conseil général des Yvelines (13%) et la RATP (1%).
Le coût du matériel roulant, estimé à 134 M€ pour 28 rames et le coût d'exploitation sont financés par le STIF.


Données clés

RéseauTramway d'Île-de-France
Date d’ouverture prévuefin 2014 : Châtillon-Montrouge M à Wagner
2015 : Wagner à Gare de Viroflay-Rive-Droite
TerminusChâtillon-Montrouge M
Gare de Viroflay-Rive-Droite
ExploitantRATP
Matériel utiliséTranslohr STE6
Energie100% électrique
GuidageRail central
Longueur46 m
Largeur2m20
Hauteur2m89
Nombre de voitures6
Nombre de rames28
DépôtVélizy-Villacoublay
Nombre de stations21
Longueur14 km
Vitesse max. autorisée60 km/h
Temps de parcours40 min
Fréquence1 tramway toutes les 4 min en heure de pointe et 7 min en heure creuse
Distance moyenne entre deux stations700 m
Communes desserviesChâtillon
Clamart
Fontenay-aux-Roses
Meudon
Vélizy-Villacoublay
Viroflay
Jours de fonctionnementTous les jours
HorairesDe 4h30 à 00h30
Capacité252 passagers dont 60 en place assise
Fréquentation prévue22 millions de voyageurs par an - 82 000 par jour
Public visé150 000 personnes habitant ou travaillant à moins de 500 mètres de la ligne du T6
TarifsLa ligne se situe dans la zone 3. Les tarifs seront donc les mêmes que pour l'ensemble du réseau de transport francilien notamment pour les abonnements Navigo. Pour l'achat d'un billet à l'unité, il s'agira du ticket t+, disponible à l'unité ou par carnet de 10 ainsi qu'avec la même gamme tarifaire qu'un ticket de métro
Correspondances possibles avec un ticket t+Une fois validé, votre ticket t+ vous permet de réaliser autant de correspondances que vous le désirez durant 1h30 avec d'autres lignes de bus et de tramway. Condition : valider à nouveau votre ticket t+
Lignes connexesEn service :

En chantier :

En projet :
TAC TPO




jeudi 17 octobre 2013

Pascal Boniface distingué

Pascal Boniface, Directeur de l’IRIS, s’est vu attribuer les insignes d’officier de la Légion d’honneur par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, aujourd'hui jeudi 17 octobre 2013 au Quai d’Orsay. 

Cette  distinction  vient  saluer  la  contribution  de  Pascal  Boniface  à  l’analyse  des relations internationales, des enjeux stratégiques et des questions de sécurité. Elle vient également rendre hommage à l’IRIS, que Pascal Boniface a fondé en 1991, mentionné comme un des principaux centres français de recherche en relations internationales, reconnu d’utilité publique depuis 2009, lieu de production intellectuelle et centre de rayonnement pour la France. 

Pascal Boniface - IRIS

Laurent Fabius a rendu hommage (lire ci-dessous) à l’action du Directeur de l’IRIS pour réduire le retard de la France dans  l’étude  des relations  internationales. Décrit  comme  un  homme  de convictions,  comme  un intellectuel  intègre,  un déchiffreur  d’un  monde  éclaté,  le  ministre a  salué  en  particulier  son indépendance.



Discours de M. Laurent Fabius 
Ministre des Affaires étrangères 

Remise des insignes d’Officier de la Légion d’Honneur à M. Pascal Boniface 
17 octobre 2013 

Cher Pascal Boniface, 

Je suis heureux de vous accueillir au Quai d’Orsay pour vous remettre les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur. 

Je ne puis m’empêcher de penser à une phrase de Michel Audiard, dans un documentaire de 1973 intitulé « Vive la France » : « il existe une prédilection masochiste des Français pour deux exercices dans lesquels ils se révèlent malchanceux: la guerre et le football ». On peut être un formidable dialoguiste et un mauvais analyste. Vous êtes la preuve qu’on peut s’intéresser à la guerre et au football, être français et être chanceux en évitant le carton rouge au profit de la rosette ! 

En des termes plus choisis, cette distinction vient saluer votre contribution à l’analyse des relations internationales, des enjeux stratégiques et des questions de sécurité. Vous êtes en effet l’auteur de plus d’une cinquantaine d’ouvrages sur des sujets nombreux et majeurs : 
stratégie, désarmement, conflits, géopolitique, sport… 

* * 

On dit souvent que l’étude des relations internationales a été longtemps négligée en France. Vous faites partie de ceux qui ont beaucoup œuvré pour réduire ce retard et développer les études internationales en France. 

Cette dimension de votre activité est évidemment pour moi, ministre des Affaires étrangères, très significative. La diplomatie d’un Etat a besoin qu’existe un débat sérieux et informé sur la politique étrangère. Sans doute suis-je d’une vieille école, mais je fais partie de ceux qui pensent que l’action sans le concept est aveugle et que le Quai d’Orsay a quelque chose à voir avec la politique étrangère. Il était donc tout indiqué que le Quai d’Orsay vous accueille aujourd’hui pour cette cérémonie. 

Vous avez été un précurseur, ce dont témoigne votre thèse, soutenue en droit international public en 1985, à une époque où pour soutenir une thèse en relations internationales, il fallait souvent s’inscrire en droit. Quant au thème de votre travail, il résonne aujourd’hui d’une actualité particulière : Les sources du désarmement. 

Très tôt vous vous êtes tourné vers les questions de défense et avez cherché, à travers une compréhension des rapports de force, à penser les enjeux de défense en vous extrayant du court terme. La guerre, le nucléaire et les questions stratégiques sont restés au cœur de vos travaux. 

Vous avez élargi vos recherches. Vous vous êtes intéressés au Proche Orient, à la politique étrangère de la France, aux Etats Unis, à la géopolitique en général. Ces derniers temps – je le mentionnais en commençant – le sport a pris une place de plus en plus importante dans votre réflexion. C’est un sujet peu commun pour un spécialiste de stratégie, mais cela illustre votre curiosité intellectuelle. Vous soulignez avec raison que le sport est aujourd’hui un objet de relations internationales, à la fois enjeu, point de fixation et révélateur. L’actualité le montre, que l’on pense aux troubles provoqués au Brésil en lien avec la préparation des Jeux  Olympiques, aux débats liés à la perspective de la coupe du monde de football au Qatar, aux prochains jeux olympiques d’hiver en Russie. 

 * * 

Vous êtes aussi, et peut-être surtout, l’homme d’une œuvre, qui tient en quatre lettres : IRIS – Institut de relations internationales et stratégiques –, que vous avez fondé en 1990. C’est une autre raison pour la République de vous rendre hommage. Créé à l’origine avec peu de moyens, l’IRIS est devenu un des principaux centres français de recherche en relations internationales, reconnu d’utilité publique en 2009. Vous êtes l’auteur de cette belle réussite française, qui côtoie aujourd’hui les grands think-thanks internationaux. Bref, vous et votre équipe avez porté l’IRIS en ligue des champions. 

Je sais qu’animer une telle institution c’est un combat de tous les jours, auquel le Quai d’Orsay contribue à la mesure de ses moyens qui, comme vous le savez, ne sont pas extensibles. L’IRIS joue un rôle important. C’est un lieu de production intellectuelle et c’est un centre de rayonnement pour la France, qui contribue à faire entendre notre voix dans le débat stratégique global. 

Ce n’est pas à vous que je vais apprendre l’importance que revêt aujourd’hui la capacité pour un Etat de produire une vision du monde à laquelle d’autres acteurs peuvent se référer. Pour toutes ces raisons, l’IRIS est un atout pour la France. Et la distinction qui vous est aujourd’hui remise l’est aussi à tous ceux qui ont avec vous participé à ce succès. 

* * 

Cher Pascal Boniface, 

Il est une chose que vous avez toujours cultivée, faisant de vous un personnage à la fois atypique et précieux de la scène intellectuelle française : votre indépendance. 

Car vous êtes un homme de conviction ; vous n’hésitez pas à prendre des positions qui peuvent être inconfortables et vous valoir des inimitiés. Vous occupez même quelquefois le terrain de la polémique, mais toujours au nom d’une certaine conception de la probité. Ceux qui vous connaissent et vous estiment savent que vous êtes, pour reprendre le titre de votre dernier ouvrage, un « intellectuel intègre ». Universitaire, chercheur, think-tanker, et surtout, déchiffreur d’un monde éclaté. 

* * 

Cher Pascal Boniface, 

Un personnage du Misanthrope dit quelque part : « C’est une folie à nulle autre seconde de vouloir se mêler de corriger le monde ». Quand on regarde votre parcours, on se dit qu’il est heureux qu’existent des fous comme vous – pas si fous – qui s’attellent à la tâche, sans être pour autant misanthrope. 

Pour toutes ces excellentes raisons je suis heureux de vous remettre aujourd’hui les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur. 

Six lycées parisiens protestent contre l'expulsion de Leonarda... et des autres


Plusieurs milliers de lycéens ont défilé jeudi à Paris pour protester contre les expulsions d’élèves étrangers, selon un journaliste de l’AFP sur place.
Les manifestants sont arrivés en début d’après-midi à leur lieu de destination, place Saint-Augustin, dans le quartier du ministère de l’Intérieur. Peu de temps auparavant, les policiers avaient usé de bombes lacrymogènes envers les manifestants les plus agités.



Dans le cortège, parti de la place de la Nation en direction du ministère, fusaient des slogans contre Manuel Valls, tels que «Khatchik en France, Valls en Arménie», en référence au lycéen arménien expulsé samedi, ou «Valls dehors».
Après l’expulsion de la collégienne kosovare Leonarda Dibrani, qui a déclenché un tollé à gauche, des milliers de lycéens ont réagi en bloquant jeudi l’entrée de leurs établissements à Paris et en régions, pour réclamer le retour des élèves expulsés.

Sit-in, établissements bloqués ou entrées filtrées: une vingtaine de lycées publics parisiens sur un total d’une centaine ont été perturbés, selon le rectorat.

17 octobre 1961




J’ai maintes fois souhaité que la honte d’avoir été le témoin impuissant d’une violence d’État haineuse et organisée puisse se transformer en honte collective. Je voudrais aujourd’hui que le souvenir des crimes monstrueux du 17 octobre 1961, sorte de concentré de toutes les horreurs de la guerre d’Algérie, soit inscrit sur une stèle, en un haut lieu de toutes les villes de France, et aussi, à côté du portrait du Président de la République, dans tous les édifices publics, Mairies, Commissariats, Palais de justice, Écoles, à titre de mise en garde solennelle contre toute rechute dans la barbarie raciste.

Pierre Bourdieu